1 mai 2007

Spirea X : Fireblade Skies



Fireblade Skies de Spirea X






Sortie : 1991
Produit par Jim Beatie et Dave Pine
Label : 4AD





Non, des disques comme celui-ci, ça n'existe plus et on voit mal quel huluberlu prendrait le risque de se lancer dans une musique aussi absconse.
Car si à l'époque du shoegazing, il était de bon ton de vouloir réduire le chant à une suite inintelligible de vocalises sirupeuses et mielleuses aussi aériennes que de la barbe à papa, aujourd'hui Spirea X paraîtrait très peu en phase avec la morgue de rigueur lorsqu'on veut faire du rock.
On retrouve pas mal d'esthétisme assez décalé, flottant quelque part entre délires indoux ("Chlorine") et mysticisme hippie ("Nothing happened" et ses guitares sèches, ou bien la reprise de Love). Pas de guitares saturées ici, mais beaucoup de finesse et d'originalité dans les arrangements. Les ambiances très chaloupées et paresseuses évoquent de tendres réminiscences des sixties, ou plus proche de nous, des débuts de Primal Scream, dont Jim Beattie est issu. Bandes passées à l'envers, guitares claires (le magnifique "Fire and light" ), voix adorables et éthérées, choeurs dédoublées, tout concourt à faire durer le olaisir et à surprendre au cours de ce voyage vers la flanerie et l'utopie. Il n'est d'ailleurs pas si étonnant que ça de voir le groupe lorgner parfois vers l'esprit des Stones Roses, voire se taper un délire électro-shoegaze, comme sur le bisaroïde "Rollercoaster". Globalement, un certain esprit bon enfant est de mise, à l'instar des légers "Speed Reaction" ou "Sisters and brothers".
D'ailleurs de la morgue ou de la suffisance, ce groupe n'en avait pas, se contentant de pratiquer une musique perdue quelque part dans les affres de l'art pop. Et personne ne réussit à savoir ce que réellement le groupe voulait leur montrer. Jamais violent, jamais à fond mais jamais perdu dans une contemplation béate non plus, Spirea X écrivait juste des chansons délicieuses et innocentes. Pouvant même atteindre des sommets comme le final "Sunset Dawn", sorti d'un rêve.
A l'heure où il faut tout justifier, du discours à ses influences, Spirea X, pour vivre dans son monde bien à lui, serait mal perçu, ou lapidé sur la place publique. En 1991, des groupes comme eux ne choquaient personne, mais n'avaient pas pour autant de succès. C'est bien dommage, car des groupes inventifs, sincères et sachant créer des ambiances célestes irrésistibles, il en manque.

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