22 octobre 2016

Sun Dial : Reflecter

Reflecter de Sun Dial

Sortie : 1992
Produit par Gary Ramon
Label : UFO Records

Gary Ramon, chante du psychédélisme, change clairement de braquet. Grosse, mais alors très grosse, basse (qu'on doit au terrifique Nigel Carpenter), utilisation d'une boite à rythme de façon presque industrielle, grand renfort de réverbération de guitares, beat moderne digne des boites de nuit, et sous ce maelström, la voix mixée en retrait de Gary Ramon, c'est évident, avec ce morceau d'ouverture, "Reflecter", on affiche beaucoup de la force et de l'énergie. 
Influencé par le shoegaze (surtout celui de Ride, Curve et Revolver), le génie anglais qu'on croyait perdu dans les années 60, se met au gout du jour et injecte dans sa musique, une dose de modernité. "I don't mind" aurait franchement pu être écrit par Andy Bell et Mark Gardener en 1989, ce qui d'ailleurs accrédite la thèse selon laquelle Ride, c'était déjà du psychédélisme.
 Avec ces tourbillons de guitare, il revisite des titres déjà parus sur d'autres singles, pour appuyer sur les guitares et jouer sur les chants langoureux, ce qui amplifie l'impact du psychédélisme, qui quoiqu'il arrive, reste le fil rouge de l'album (et de toute la carrière de Gary Ramon). "Never Fade" devient ainsi un slow d'une beauté absolue, lancinant, bercé par une voix douce et certainement stoned, accompagné par une mélodie divinement soporifique et un solo égaré,  
Pas mal de morceaux sont en réalité issus des sessions gargantuesques de l'année précédente (qui sortiront sur le brouillon et déjanté Return Journey) pour être ici remixé et subir un léger lifting. "Slow Motion" et son orgue inimitable ou encore l'énormissime "Sunstroke/Mind Train" (sorte d'hommage au Pink Floyd de Syd Barrett) reprennent des couleurs : plus punchy, plus vibrant, plus clairs aussi, ils entraînent l'auditeur très loin à force de l'assommer. 
C'est en conjuguant un mur du son (saturation, guitare sèche, solo de guitare, basse, sans relâcher un seul instant la pression) et des voix doublées étonnamment légères que Gary Ramon provoque les effets de l'évasion, car noyé par cette déferlante, on devient nettement plus sensible à la trame mélodique.
A ce titre, il n'oublie pas non plus que le shoegaze, c'est avant tout du rêve, et il fait rentrer toute la magie dans un morceau tout juste ouaté de saturations, un instrumental sans parole mais émouvant en soi : "Tremelo". Et prouve ainsi quel grand compositeur il est.

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