18 juillet 2011

Old Magic Pallas : Pull my Daisy EP


Pull my Daisy EP de Old Magic Pallas

Sortie : 1995
Produit par Old Magic Pallas
Label : Artifact Records

Le groupe de Sao Paulo n’aura sorti au final qu’une démo, puisqu’il a splité l’année de l’enregistrement du premier album. Pour connaître le style de Old Magic Pallas, hormis deux inédits sur une compilation, il faut donc se rabattre sur ce petit recueil de six titres à peine.
Cette cassette est assez inégale, irréguliere, alternant des morceaux calmes et psychédéliques (on dit le groupe très influencé par Love, ce qui est un peu vrai) et d’autres plus rêveurs et magnifiés. Le langoureux « Daydreaming », dont les chants légers et fantomatiques se voient noyés par des dentelles de distorsions, succède ainsi à « Jane », sorte de bossa-nova calme et insouciante.
La voix de Chris Munin est un vrai délice, chaude, ouatée et magnifique, elle donne grâce à leur musique, que ce soit sur un folk fatigué (« Raindrops ») ou un assaut transcendant, basé sur des rythmes dansants, répétitifs, des boucles arabisantes et des saturations (le très court « Twiggy », presque inachevé).
De ce maigre recueil (on ne peut que regretter amèrement que le groupe n’ait jamais pu prolonger leur carrière), il subsiste tout de même une vraie merveille, un titre incroyable, un bout d’éternité, prélevé par magie et enregistré à jamais sur une bande magnétique. Le petit riff du début de « Stargazer », indolent, cool, simple mais terriblement addictif, provoque aussitôt l’adhésion et l’attachement. Et lorsque la voix divine de Chris Munin tombe, on plie ! Notamment lorsqu’elle se dédouble, se gorge de chœurs d’anges, et qu’on a l’impression d’écouter les litanies de muses ou de nymphes légèrement pernicieuses et indolentes. C’est ce détachement, cette voix à la fois douce et grave, qui fait tout le charme du morceau, surtout si cette fausse paresse luxueuse est traversé d’une déferlante de saturations réverbérées.

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