3 février 2010

Manson's Child : Coffee Shop


Coffee Shop de Manson's Child

Sortie : 1997
Produit par Didier Houbre
Label : Aliénor


Progressivement Manson's Child trouve son style et cela lui sied plutôt bien. Largement influencé par Stereolab, ce premier album livre un certains nombres de chansons addictives. Si Manson's Child n'avait pas souhaité se détourner sciemment du côté commercial de la musique pop, on aurait clairement parlé de tubes !

Mais on reste bien dans le monde indépendant, avec toujours ce petit quelque chose d'à part, de singulier, de si charmant. Les guitares, les claviers, la rythmique simple, robotique, le chant de Mathieu, léger et parfois fleur bleu (quelques nananana qu'il se plait à distiller), cette musique si rafraîchissante fait un bien fou ! C'est parfois effréné, comme sur "Sister", qu'on croirait piqué aux Ramones, souvent aérien, comme avec "Blue", superbe chanson qui évoque Lucie Vacarme dans ce qu'elle a d'affrétée.
Et il faudra bien deux filles (Brigitte et Karine) aux synthés pour apporter ces touches electro qui tournent en boucle et qui donnent une tonalité vaguement psychédélique. Cela permet ainsi à des morceaux comme "Dans les rues" de devenir dansant et enivrant.
Le chant est en anglais, à d'autres moments en français, mais dans les deux cas, Mathieu reste doux, inspiré des groupes anglo-saxons qu'il affectionne particulièrement et qu'il a su parfaitement intégrer. Car si Manson's Child déclare avec cet album ne pas vouloir s'inscrire dans les habitudes françaises et fouler ainsi du pied la nouvelle vague (Manson's Child, avec ses surcharges instrumentales et sa débauche de moyens, s'inscrit à l'opposée de Dominique A par exemple), il n'en demeure pas moins que le groupe possède un excellent sens du songwriting. Preuve en est avec l'extraordinaire "Walking on the lane", sans doute le meilleur morceau (dommage qu'il soit placé en premier), avec son chant si ouaté, ses claviers de l'espace, son rythme hypnotique, et surtout, surtout, sa trompette fantastique, digne des plus belles heures de Pale Fountains. Une preuve du talent du groupe.
Et ça, on ne peut pas le leur retirer !

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