6 avril 2011

Juana la Loca : Electronauta



Electronauta de Juana la Loca

Sortie : 1993
Produit par Daniel Melero
Label : BMA


Juana la Loca est un groupe culte ! Ils incarnent à eux seuls toute la morgue et la fronde latine. Toujours classe, toujours frénétique, la formation phare de "La Movida Sonica" fait rêver tout passionné.
Avec leurs titres punchy, directs et bouillonnant, comme « Ella dorada » ou « Lo más tierno hoy », presque aussi punk que les Ramones, les argentins justifient que le rock est toujours à la mode et sera toujours à la mode, quoiqu’il arrive, car le plaisir de jouer et de signer des mélodies accrocheuses est contagieuse. L’écriture, simple, lumineuse, maniant les saturations et les chants légèrement doux, met en évidence un talent furieux à l’origine de chansons comme on ne sait plus en faire. Le rythme artificiel (très madchester), mâtiné de distorsions de « Mercurio », ou celui du noir « Jalea de flor », qui fait penser à Curve ou Medicine, est la marque de l’affront. Ces musiciens qui osent avec la pop. On aurait pu dire que c’est finalement une formation banale, seulement cet album est une claque. Juana la Loca est un groupe qui dévoile une propension folle à signer des chansons impeccables, toujours à la limite de la saturation, de la simplicité et de la surprise. Sans se poser de questions, avec une insouciance rare, voilà que les guitares de « Cupido » deviennent magiques et évoque les Cure des années 80, voilà que « Pensando como langousta » se fait très vaporeux et délité, voilà que « Mi otoño es verde » ralentit la cadence, avec une basse très rampante, assez psyché, et se laisse recouvrir de distos, réverbs et saturations. Bon enfant et collant parfaitement avec l’air du temps en Argentine, le shoegaze de Juana la Loca est synonyme de la simplicité retrouvée. Une douceur adolescente maquillée sous des guitares saturées dans une enivrante envie de faire tourner les têtes comme les jupes. En écoutant une fois, dix fois, cent fois le refrain génial de « Ella con limones », on se plonge dans cette atmosphère unique, celle du souffle nouveau qui déferlait en Argentine, celle du bon rock indétronable, sûre de lui-même et de ses effets dévastateurs, à jamais inoubliables.

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