18 octobre 2010

Fiche artiste de Swirl


Swirl

On ne peut s’empêcher de ressentir une tendresse toute particulière pour ce groupe de Sydney, son discours, sa musique aérienne qui s’apparente à une vague, son style indie, ses fringues gothiques et les longs cheveux noirs de Nicola Schultz, probablement une des plus belles chanteuses de l’univers shoegaze.
C’est avec eux que l’indie pop australienne prend le plus de signification, avec ce refus de s’abaisser à la facilité et ce romantisme mélancolique, flou et vaporeux.
Tout a commencé entre jeunes, Ben Halways (guitare et chant) et Nicola Schultz (basse et chant), rejoints peu après par David Lord (batterie) au cours d’une soirée « micro libre » au Lansdowne Hotel, où ceux qui le désiraient pouvaient monter sur scène et proposer leurs chansons devant un public clairsemé. Ceci dit parmi ce public, enfin plutôt derrière la table de mixage, figurait Nic Dalton, et il se trouve que Nic Dalton était également le manager du label Half a cow.
A l’orée des années 90, le label en était encore à ses balbutiements, encore affilié au magasin de comics tenu par Nic et n’était pas encore devenu la structure culte et incontournable d’aujourd’hui. Toujours est-il que Nic Dalton est tombé amoureux de Swirl, alors que la formation débutante n’était jamais sorti du garage des parents de David, et leur offre l’opportunité d’enregistrer leur première chanson, « Burning Castles », qui sortira sur une compilation en 1991.
Aussitôt, Swirl, avec son mélange de guitares acoustiques et saturées, ses ambiances twee et gothique, shoegaze, devient vite le chouchou de la scène locale de Sydney, profitant du succès de Ratcat et The Humingbirds. Swirl fait alors de nombreuses premières parties dans les salles de concert, comme pour My Bloody Valentine, Ride, Pop Will Eat Itself, Ned’s Atomic Dustbin ou The Lemonheads, le groupe d’Evan Dando, très proche du label Half a cow. Dans le même temps, un deuxième single sort dans la foulée, avec les époustouflants titres « People I know », très indie pop dans l’esprit, et surtout « Breathe », beaucoup plus éthéré. Le succès est tel que Waterfront Record leur propose de signer mais Swirl décide de rester fidèle à Half a cow, petite structure indépendante qui commençait tout juste à se faire un nom (mais quel nom !).
Historiquement parlant, Swirl sera connu pour avoir à l’origine du premier compact disc du label, dont les moyens jusqu’ici ne lui avaient jamais autorisé jamais plus que viser à presser des vinyles. Il s’agira de « Aurora », magnifique petite surprise shoegaze australien, dont les premiers exemplaires sont vite sold out, obligeant de nouvelles éditions express. La nouvelle parvient même jusqu’aux oreilles du label Dirt, à Chicago, anciennement appelé Aurora, et qui s’occupait de Galaxie 500. Intrigué par cet album au nom similaire, ils tombent sous le charme et s’occupent de la diffusion de l’autre côté du Pacifique.
S’ensuit alors une tournée aux Etats-Unis, véritable succès et plébiscite, puisque le groupe tournera avec Luna, Yo La Tengo ou encore Straitjacket Fits. Ils en reviendront avec un deal à New York et de nombreux articles dans la presse les présentant comme figurant parmi « les quinze groupes à surveiller » au cours de l’année. Fort de cette expérience, un deuxième album, au son encore plus travaillé (entendre la voix éthérée de Nicola, noyée sous les violons, est une expérience qu’il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie), « The Last Unicorn », est enregistré Festival Studio à Sydney et sort en 1994. La qualité de l’écriture et la finesse des arrangements, entre shoegaze obscur et folk gothique à la Dead Can Dance, impressionne le monde du rock indépendant. Souvent figurant parmi les cent meilleurs albums des années 1990 en Australie, dans le top-ten de Roger Grierson (une référence locale) et tournant en boucle dans les college radio américaine, « The Last Unicorn » permet à Swirl de revenir triomphant aux Etats-Unis, notamment en première partie de Sunny Day Real Estate.
Malheureusement la sortie de ce deuxième album correspond aussi aux premiers problèmes financiers de Half a cow, victime de son succès, et obligé de signer un partenariat avec Mercury, grosse écurie. Même si la réédition (avec une nouvelle jaquette et un tracklisting modifié) de « The Last Unicorn » est une priorité et que la chanson éponyme sera diffusée en boucle sur la célèbre radio nationale, Triple J, les années suivantes seront floues pour le groupe, avec des singles sorties, des concerts incluant une nouvelle direction musicale (plus de claviers et de samples) mais aussi une incertitude concernant la date de sortie d’un troisième album.
Ce dernier tardant à sortir, Nicola Schultz quitte le groupe, ce qui sera un premier coup dur. Elle sera remplacée par Richard Anderson avant que la tout aussi belle Keira Hodgkison ne prenne le micro. Ce nouvel line-up oblige le groupe à se remettre en question et à refondre son style, pour se diriger alors vers une pop plus sophistiquée. Seulement pour aboutir à ce changement, le groupe se défait de la structure historique Half a cow pour rejoindre Festival Records et enregistre à nouveau des démos, ce qui pousse l’attente des fans pour un nouvel album à près de cinq ans, autrement dit une éternité. Celui-ci finit par sortir, en 2000, « Light fill my room », au son plus poli et qui plait davantage aux radios. Mais le groupe n’a même pas le temps d’en profiter que déjà il se sépare, mettant ainsi un terme à l’histoire de cette formation culte qui était probablement un des plus attachant de la scène australienne.

Clip vidéo : "Tide"

Discographie :


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