17 décembre 2009

Ride : Ride EP



Ride EP de Ride

Sortie : 1990
Produit par Alan Moulder
Label : Creation Records

Lorsqu’on est jeune, on peut tout se permettre, et finalement les choses paraissent simples. Il suffit de prendre une guitare et en avant. C’est ce qu’on fait les quatre gamins d’Oxford. Exactement ça.
Faire cracher les amplis, user des pédales steel à fond, produire un son noisy à déchirer les oreilles : c’est si commun et si jouissif ! D’autant que ce premier essai se dote de quelques approximations, tant dans la production que dans le chant ou le jeu (par exemple sur "All I can see"), qui confèrent beaucoup de charme aux chansons, et ne rajoutent finalement que plus d’enchantement à cette défonce musicale.
C’est un premier single et c’est déjà un coup de maître ! Ils sont peu nombreux ces groupes à avoir réussi du premier coup. Comme quelques uns avant eux (mais ils se comptent sur les doigts de la main), ils utilisent un son pourri jusqu’à la moelle, des distorsions à n’en plus finir, un rythme dur à la batterie, mais à cela s’ajoute un côté merveilleux et irrésistible. Quelque chose d’indéfinissable et qui font de Ride un groupe chouchou et adulé comme jamais : un talent innée pour les mélodies évanescentes.
C’est un brûlot mais c’est aussi un single qui enchante, qui adoucit, qui fait rêver.
Ce n’est pas l’intro presque indus de l’extraordinaire et indolent « Close my eyes » qui va faire changer les choses, car derrière les sirènes de guitares, il y a ce chant reposé, cette digression magique de fin et cette nonchalance adorable.
On aura beau dire, « Chelsea Girl » restera comme une hymne, une ode à la jeunesse, livrée à vive allure, sans prendre le temps de réfléchir, sans prendre le temps de réfréner les distorsions, en scandant à la manière d’enfant de cœur des paroles naïves qui resteront dans les annales de la pop musique. Quant à « Drive me Blind » et son intro tout droit sorti d’un rêve enchanteur, avant qu’une chape de guitares lourdes ne viennent recouvrir le tout, est un véritable miracle de fraîcheur et de nouveauté.
Il fallait ça.
L’Angleterre attendait tant d’un groupe comme ça : reprendre les codes du rock, s’en servir, les détourner pour en faire un moyen particulièrement bruyant de déclarer à quel point on aime la douceur.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"...ils sont peu nombreux ces groupes à avoir réussi du premier coup...".
100 % d'accord avec toi mais quelques exemples sont là pour contredire la règle, pour notre plus grand bonheur.
Perso, je pense à :
_ "The Velvet Underground & Nico" (1967) - The Velvet Underground

_ "In the court of the Crimson king" (1969) - King Crimson

_ "The Doors" (1967) - The Doors

_ "Tindersticks I"(93) - Tindersticks

_ "The Stones Roses" (1989) - The Stones Roses

_ "Grace" (94) - Jeff Buckley

_ "Funeral" (05) - Arcade Fire

Et surement d'autre que j'oublie...A + +

Francky 01