24 avril 2009

Furry Things : The Big Saturday Illusion



The Big Saturday Illusion de Furry Things

Sortie : 1995
Produit par Ken Gibson
Label : Transe Syndicate


Le shoegaze, c’est avant tout du n’importe quoi : l’album débute sur un congrès de distorsions et de drone (« Introism »), qui ressemblent à des invocations orientales, au sein duquel la voix apathique de Ken Gibson se fait à peine entendre, et se termine sur un long expérimental dadaïste parachevant le travail d’un crescendo crispant et hérissé (« Nothing from zero »).
Entre ces deux chansons, les Furry Things se livreront à peu près à toutes les expérimentations folles possibles, ce qui les emmèneront à faire quelques erreurs (la flûte au milieu de ce tourbillon qu’est « Colortime »), mais aussi à fournir à l’auditeur des pépites noisy auquel il ne s’attendait pas (l’excellent « Take you away », qui aurait pu être un tube). Certains morceaux instrumentaux ne seront là que pour torturer les guitares (« Cats » ou « Lawnmower Sounds), sortes de « bruits blancs » vaguement étranges. Quant à « Porno Queen’s Love Dive », on dirait une sirène de police qui hurle à n’en plus finir.
Alors qu’ils détiennent entre leurs mains une écriture pop absolument prenante et parfaitement ancrée dans les nineties (époque My Bloody Valentine, The Breeders et Sebadoh), ces californiens ne pourront s’empêcher de couvrir tout ça de saturations harassantes, comme sur « Still California » par exemple, ou l’insoutenable « Attic », sorte de dub passé au mixer. Honnêtement, on ne peut pas dire que les guitares soient tendres, contrairement aux voix, toujours douces et fatiguées. Il faut se méfier dès lors qu’on monte le son car les saturations quasiment omniprésentes ne ménageront rien, en dépit du tempo plutôt lascif adopté (sur « Piled High » et ses huit minutes passionnantes)
Le shoegaze, c’est aussi une morgue éhontée et capricieuse, à l’image de l’espiègle Cathy Shive, qui entre la pagaille ou l’ordre, choisira toujours la première option, bien plus fun. Même si on a souvent du mal à les suivre dans leurs délires, à force de saturations éprouvantes.

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