11 décembre 2008

The Naked Souls : Two and One


Two and One de The Naked Souls

Sortie : 1993
Produit par Urs Hirscher
Label : Lost Records


C’est un tout petit EP, sorti en catimini, mais c’est un tout petit EP qu’on veut chérir à tout prix, car il contient trois petites chansons magnifiques.
Tout droit sortie d’un rêve fantasmagorique, la musique de The Naked Souls déclame majestueusement une poésie grave, sérieuse et affrétée. Usant de procédés luxueux (cymbale, piano discret, vague féerique, tempo lent, guitare céleste), les chansons, longues et complexes, s’étirent et construisent tranquillement des crescendo. Ces montées dans l’intensité vont partir de climats suspendus, aériens, où le chant semble venir des cieux, avant de progressivement insister sur les instruments et gagner en lyrisme théâtral.
C’est une percée des guitares saturées qui conclut les sept minutes vaporeuses de « Spouthole », tandis que « White Rabbit », absolument divin, gagne en épaisseur, en chevauchant son ton martial (roulement de batterie militaire, tambourins, bourdonnement, et basse appuyée) de volutes royales au chant et de dialogues cristallins entre guitares.
Quant à « Sleep », leur meilleur morceau, on a carrément le droit à un miracle mirifique. Eblouissant dans sa progression, ce titre s’ouvre sur une toute petite mélodie à la guitare, délicieuse et qui va servir de base pour un ajout additionnel d’instruments jusqu’au climax. Le chant y est savoureux au possible, très lyrique, et d’une douceur à se damner. Les musiciens vont se rajouter petit à petit, tout en suivant le fil conducteur et en conservant la trame initial, aboutissant ainsi à une explosion formidable. On voudrait tant et tant que des chansons comme celle-ci sortent plus souvent !
A la fois dramatique et fragile, The Naked Souls joue sur le luxe : surchargé dans sa musique et dans son attitude, le groupe apparaît pourtant extrêmement sensible.
Précieux dans tous les sens du terme.

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