21 septembre 2008

Jupiter : Arum


Arum de Jupiter

Sortie : 1991
Produit par Jupiter
Label : Summershine

Une tornade saturante, un flot rapide et enivrant de guitares racées, une cadence à la batterie infernale, des tambourins agités, un rythme issu des mondes de la fête, là où les délires sont sans fin et le bonheur accessible sous le manteau, à l’arrière d’une boite de nuit, en échanges de quelques billets, la combinaison de ces éléments marche à merveille pour laisser s’envoler l’esprit.
Basé sur un tempo artificiel, à la basse dansante, Jupiter évoque à la fois l’épanouissement dans l’abandon et la fragilité d’une vie construite autour d’un vertige, brassant les sons et sensé chasser les idées pour ne retenir que l’enivrement.
De plaisirs futiles, il en sera question, avec ses nombreuses parties de guitares magnifiques (« Meltown ») et ses tendances à vouloir aller plus vite que la musique, influencée par les raves, les discothèques et les soirées psychédéliques (« Sense »), à tel point qu’on jurerait entendre parfois Chapterhouse (« Leave the ground »).
Mais Jupiter, c’est aussi la certitude de l’éphémère des choses, et de la superficialité du plaisir. Il restera toujours en deçà de ses chansons frénétiques, surchargées par ce mur du son inouï, une certaine froideur dans le son des guitares ou dans la profondeur de la basse. De la transe à la contemplation détachée, il n’y a qu’un pas, que le groupe australien franchit parfois, lorsqu’il cède à des lignes de chants merveilleusement narcotiques, empreintes de douceur et d’évanescence détachée. L’indolence n’est jamais bien loin, comme sur « Carefully », où la voix caressante et l’adorable descente de notes à la guitare, se mêlent innocemment à un flot psychédélique brouillée et étourdissant. On dénote une certaine tristesse quelque part, ou du moins un certain laconisme, surtout lorsque le rythme se ralentit.
L’intro voluptueuse de « T » servira de terrain d’envol à un voyage extraordinaire de mélancolie contemplative, qui prendra toute sa dimension avec la venue d’un nuage de saturation déclinante et traînante. Une majesté sans égale se dégage même du somptueux « Lost », déclamation solennelle d’innocence sans cesse souhaitée et sans cesse perdue, couverte sous une myriade de saturations et de magnifiques parties de guitares. Les plaintes acérés et criantes de féerie déchirante noieront des chœurs de chérubins béas et camés jusqu’aux yeux, pour décrire le regret de posséder des rêves inaccessibles.
En réponse à cet obstacle, Jupiter s’abandonnera et se laissera aller aux délires bienvenus des cavalcades et des virées tonitruantes.

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