13 mars 2008

Ride : Going Blank Again


Going Blank Again de Ride

Sortie : 1992
Produit par Alan Moulder
Label : Creation


A trop vouloir acquérir une crédibilité, on finit par perdre en spontanéité…
L’exercice du rachat est si périlleux qu’on risque d’y perdre quelques plumes, et c’est ce qui est arrivé à Ride. Livrant à la fois son meilleur et son pire album de son époque shoegaze. Le regret, c’est que les chansons sont de bonne qualité mais que ce n’est plus du Ride : du gros son, des guitares oui, des structures complexes même, et un succès critique enfin adjugé, mais la magie du premier album semble lointaine.
Vexés par les critiques négatives suite à leur premier album, qui pourtant rencontra un net succès en milieu universitaire, Andy Bell et Mark Gardener s’employèrent à démontrer qu’ils savaient composer de vraies chansons. Tout l’objet de ce deuxième album est donc de prouver que leur jeu n’est en aucun cas limité.
Ça commence d’ailleurs très très fort avec « Leave them all behind », un de leur meilleur morceau, épique, long, dense et transcendantal (son intro au clavier), qu’ils oseront choisir comme single (un comble !). Et assomme d’entrée : un flux tendu tout du long et des voix moites de douceur.
Dans l’ensemble les textures seront plus soignées, ostensiblement tournées vers la pop ou le psychédélisme sixties, moins emportés qu’auparavant en tout cas. Il est clairement évident que tout sera fait pour signer des compositions de hautes tenues : des mélodies chatoyantes, des superbes parties de guitares (« Time for her time ») et des ribambelles de chants de chérubins. Mais ce terrain de jeu au pays de la pop fédératrice (« Making Judy Smile ») se fait au détriment, car il y a toujours un prix à payer, d’une certaine morgue. Ride veut convaincre et n’impose plus avec culot ses idées comme au début, peu importe ce qui lui en coûtait. Désormais, Ride retient ses mélodies, pour les lover dans une charmante mais molle poésie (« Twisterella »). Et on se demande où est donc passée cette fougue ?
Plus varié que son prédécesseur, et donc plus inégal fatalement, Going Blank Again possède encore bon nombre de perles, comme le sublime et hypnotique « Cool Your Boots », avec son mur du son littéralement absorbant. Et aussi quelques surprises dont notamment cet acoustique magnifique « Chromes Waves » et ses claviers lyriques et obscurs qui noient le style du groupe dans une volupté d’une élégance rare. Ce qui place l’album bien au dessus de la mêlée. Avec application, Ride revisite et mélange à son propre son, les délires expérimentaux d’évasion tranquille.
Un album qui s’écoute volontiers mais avec un pincement au cœur.

1 commentaire:

Guillom91 a dit…

Super ton blog!
Personnelement, je ne connais que Nowhere de Ride et l'EP.. mais je vais tres vite me pencher sur celui ci car Ride est pour l'instant mon groupe de Shoegaze préféré (excepté Alcest mais c'est plus axé metal)
Bref voila continue à faire ces beaux billets pour faire vivre le mouvement shoegaze, car sur tous les groupes que tu m'a fait découvrir, aucun ne m'a jamais déçu.
Amicalement