21 décembre 2007

Welcome to Julian : Welcome to Julian



Welcome to Julian

Sortie : 1991
Produit par Welcome to Julian et Hervé Jegaden
Label : Rosebud

A l’époque des débuts, le groupe n’a de yeux que pour les shoegazers et cela s’en ressent. Au point qu’on reprocha au groupe de trop vouloir ressembler à ses modèles.
Quand bien même il ne s’agirait que de copier des codes usités, Welcome to Julian prend une coudée d’avance sur ses contemporains. Car il faut admettre la qualité de ces compositions, à l’image du brûlant « Higher ». En cherchant à se rendre accessible et à être direct, Welcome to Julian n’a rien à envier à ses références (Ride, Revolver surtout). Malgré un son rudimentaire et une voix pas encore tout à fait assumée, quoique légère, le groupe fait preuve d’un talent extraordinaire pour soigner de petites merveilles pop. Et il n’y a rien à jeter sur ce maxi, le premier sur Rosebud, qui se révèlera juste trop court.
Les parties de guitares sont excellemment bien exécutées, à la fois suaves mais glissant aussi dans la saturation, assumant parfaitement leur rôle d’accélérateur vertigineux. Lorsque elles s’apaisent, ce n’est que pour mieux repartir et provoquer un véritable maelström (« Heavy World ») ou pour appuyer une montée en puissance qui laissera éclater une complainte déchirante (le magnifique « Kiss Me »).
Titre ambivalent, « Bye Bye Childwood », remarquable de bout en bout, comprend en même temps énergie rentrée (le son bas et lourd de la guitare) et calme schizophrénique (les arpèges cristallins) jusqu’à atteindre une sorte de point d’orgue sensoriel confus où la grâce de la voix de Lionel s’estompe dans un nuage crade de distorsions. A se damner !
Des ressemblances avec le shoegaze anglais donc, mais le groupe a du culot et l’affiche : la ligne de basse en intro de « There’s a rainbow » marque les esprits avant que des éclairs de guitares ne viennent instaurer un climat à la fois glacé et à la fois majestueux. Car même si Welcome to Julian s’amuse avec un titre électrique et énergique (« I don’t mind »), il ne pourra s’empêcher d’y inclure quelques accords mélodiques de toute beauté et une nonchalance insouciante superbe de douceur dans le chant. Le groupe a beau se dépêtrer avec un son bouillonnant, il ne manquera pas de rendre le moindre fuzz rayonnant.
Après tout, c’est eux qui ont raison : « I don’t mind, I don’t care ». Welcome to Julian fait ce qui lui plait et c’est tant mieux !

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