20 décembre 2007

Fiche artiste de The Werefrogs


The Werefrogs

Un commentateur sportif, qui s’ennuyait durant la rencontre Ukraine / Tunisie lors de la Coupe du Monde de football en 2006, s’amusa à énumérer tous les « perdants magnifiques » de l'histoire du rock qu’il connaissait. Après Mansun et The Charlatans, c’est au tour des Werefrogs d’être cité, plus pour la performance de se souvenir d’un tel groupe que par réelle affection. D’ailleurs Mark Clark sera honnête : « Ils étaient vraiment des nazes mais j’ai acheté leur CD parce que j’aimais bien leur nom ».
Il est dommage que la seule trace qu’il reste de ce groupe soit cette remarque assassine sortie alors que les journalistes s’ennuyaient à mourir devant un match terme. Le groupe vaut beaucoup plus que ça et mérite d’être redécouvert. Mais c’est vrai qu’à l’époque, hormis un single, les gens avaient plus entendu parler des Werefrogs pour leur nom que pour leur musique.
D’ailleurs, les membres du groupe s’étaient tous affublés de surnoms : on trouve donc Steve « Frog » à la basse, Matthew « Frog » à la batterie et Marc « Frog » au chant et à la guitare. De leur vrai nom : Steve Savoca (qui a aussi participé à des enregistrements de Tadpoles), Matthew Valentine et Marc Wolf.
The Werefrogs est une formation new-yorkaise à l’origine mais c’est à Londres que le groupe fera ses premières armes. Traînant dans les petites salles et envoyant des démos à tout venant, le trio finira par être repéré par le label Ultimate.
Le producteur Guy Fixen, spécialiste des choses shoegaze enregistre leur premier single « Don’t slip away » qui sera remarqué dans le milieu. Le trio a l’occasion d’être convié à faire une session chez John Peel sur Radio 1, la radio de la BBC en 1992. Peu après un EP paraîtra, intitulé « Forest of doves », toujours produit par Guy Fixen.
Fort de cette expérience, le groupe repart à New-York en septembre 1992 pour composer l’album « Swing », dont sera extrait le single « Nixie Concusion ». Le son sur le premier opus est tiraillé entre les guitares noisy et les textures plus terre-à-terre du rock américain. Et cela s’explique sans doute par le choix des producteurs et des ingénieurs. Ce sera Anjali Dutt qui façonnera l’unité de l’album, déjà connu pour avoir produit Swervedriver ou les Boo Radleys lorsqu’ils étaient chez Creation. Mais ce sera sans compter l’appui de Ted Niceley, producteur de Fugazi (et aussi de Noir Désir !) ainsi que de Eli Janney au mixage, producteur de Shudder to Think. La présence de ces hommes n’est pas pour rien dans le ton plus brut de certains morceaux.
En 1993, The Werefrogs assure la promotion de son album en tournée en compagnie de quelques autres groupes du label Ultimate. Il y aura également une autre session chez John Peel, où là, bizarrement, les membres adoptèrent de nouveaux noms : Marja Volffe pour Marc, Stripped Bass pour Steve et Schroeder (le pianiste de génie dont Lucy est éperdument amoureuse dans la BD culte Charlie Brown) pour Matthew.
Malheureusement à partir de cette date, il n’y eut plus aucune nouvelle du groupe, sans doute séparé par faute de reconnaissance et d’argent. Et en cherchant bien sur le Net des informations, on finit par apprendre qu’aujourd’hui Mark Wolf est professeur de guitare au Golden Bridge Studio à New-York. On ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur lorsqu’on lit ça…

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