27 août 2007

Lush : Gala


Gala de Lush

Sortie : 1990
Produit par John Fryer, Robin Guthrie et Tim Friese-Geene
Label : 4AD


Alors que défilent sur cette compilation l’ensemble des premiers singles du groupe, on remonte à rebours leur carrière, jusqu’aux prémices, à la fin des années 80.
On découvre alors l’évolution des filles Emma Anderson et Miki Berenyi, qui se transformeront et accompliront une métamorphose musicale des plus envoûtante. On les connaissait divines enchanteresses à la voix virginale, dessinant des arabesques doublées, vaporeuses et éthérées (« Sweetness and bright », produit par Tim Friese-Greene), on ignorait tout de leur passé. Au fur et à mesure qu’on avance dans ce recueil on surprend, fasciné, un passé beaucoup plus trouble et plus furieux.
Alors que les enregistrements d’octobre 1990 se font contemplatifs à souhait, molasson presque (« Sunbarting ») et d’une grâce éperdue, ceux antérieurs vont raviver des flammes et un esprit tempétueux dénotant.
On ne sait pas saisir la personnalité de ces filles de Lush, tantôt mutines et angéliques (les hoquets sur « De-Luxe »), tantôt sévères et gracieuses (« Thoughtforms »), surtout lorsque les enchevêtrement des voix sont accompagnés tour à tour d’arrangements féeriques (que l’on doit à Robin Guthrie, qui parrainera le groupe) ou de guitares saturées (« Leaves me cold »).
A leur débuts, les filles de Lush étaient quasiment des punkettes, ayant plus de mordant dans le chant, insufflant un venin incroyablement coriace et qui reste longtemps après avoir pénétré les veines. C’est donc avec un mélange de fascination et de stupeur que l’on écoute ces titres de 1989, tout à la fois énervés, distordus (« Baby Talk »), aux guitares saignantes (« Second Sight ») et à la section rythmique frénétique (« Bitter »). Au beau milieu de ces tourbillons, savamment orchestrés par John Fryer, nonchalant, et lorgnant sur d’autres groupes de la maison 4AD, comme les Throwing Muses, le groupe n’en oublie pas moins de livrer, déjà, une dose d’esthétisme arty et magnifique, comme sur les divins « Etheriel » (et ses violons) ou « Scarlet », dont les voix tombent en pluie d’or.
Les harmonies vocales et les entrelacs de guitares se marient à merveille pour ce qui restera comme un des plus impressionnants colliers de perle pop de ces années là.

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