22 juin 2007

The Nightblooms : 24 days at catastrofe café


24 days at catastrofe café de The Nightblooms

Sortie : 1993
Produit par Steve Gregory
Label : Fire Records



Un peu d’indolence flotte sur cet album, sur lequel The Nightblooms joue les filles de l’air.
On dirait un terrain de jeux, et les formats s’étendent et se raccourcissent comme des élastiques ou de la guimauve fondue.
D’ailleurs l’album sera coupé en deux, avec une face-A, de très courtes chansons, noisy et charmantes, oscillant entre une minute trente et trois minutes pas plus, brèves éjaculations de mélodies (« Kiss and spell » ou « Never dream at all »), souvent frustrantes car ne s’étendant jamais plus. Le groupe y montre une facette plus ludique, presque capricieuse, avec des guitares plus lourdes, glissant souvent sur des riffs rock, mais avec une voix toujours aussi fluette, celle d'Esther Sprikkelman. L’atmosphère peu sérieuse colle très bien à l’image de la pochette, enfantine avec ces dessins à l’aquarelle, et tout aussi légère (il s’agit d’une parodie du « So far » de CSN&Y, que l’on doit à la graphiste Merle van Hees).
Au cours de la face-B, on retrouve les penchants du groupe pour les voyages psychédéliques et plus envoûtant. On y découvre alors deux morceaux absolument incroyables, longs et vaporeux, dont « Everyone loves you », chanson fleuve aux mélodies claires et aux solos hypnotisant, sortes d’envolées acides, dues à l’inspiré Harry Otten. Quant à « Shatterhand », pur chef-d'oeuvre anti-conventionnel, on atteint des sommets de décollage aérien, sur plus de dix minutes, avec son saturé en pagaille, douces voix, mélodies grattées qu’on redécouvre dès que le nuage de sons veut bien s’apaiser, passages instrumentaux ensorcelant, virant parfois à un jam semi-improvisé. Bref, on ne revient jamais indemne d’un tel morceau.
Et il faut bien une toute petite dernière chanson (« Sweet rescue », qui porte bien son nom), sorte de berceuse, délicate et presque minimaliste, pour se remettre d’un voyage comme celui-là.
Ce qui est certain, c’est que, même si on n’a parfois du mal à les suivre, The Nightblooms a voulu n’en faire qu’à sa tête et partir dans ses délires. Et peut-on reprocher à des (grands) enfants de vivre dans leur monde ?

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