20 mai 2007

Velocity Girl : Copacetic


Copacetic de Velocity Girl

Sortie : 1993
Produit par Bob Weston
Label : Sub Pop

Au beau milieu du catalogue de Sub Pop se cache un tout petit groupe emmené par la malicieuse Sarah Shannon, vrai bout de chou dont on se demande ce qu'elle fait parmi tous ces voyous aux cheveux longs.
Incongruité poppy et colorée, le premier album de ce combo de Washington DC distille ces ambiances lumineuses, parfois un peu rêveuses et romantiques, le tout avec une bonnemie enfantine et capricieuse. L'intro à la guitare sèche de "Pretty Sister" (une de leur meilleure chanson), ouvrant les rayures étincellantes des guitares, est un pur régal du genre. Le ton général est assez codifié et reprend de grandes fulgurances en pagaille, très harmoniques et au goût de confiture ("57 Waltz" ou le single "Audrey's Eye"). Elles ont beau déborder d'un son énorme, puissant, les douces et gentilles chansons du groupe ne font de mal à personne, tant elles débordent de sucreries et de soleil ("Pop Loser"). Sur leur premier album, Sarah Shannon joue les filles candides et rafraîchissantes. Son chant innocent est un vrai bonheur pour les oreilles : du velours caressant ("A Chang", passé au mixer). Ce groupe culte mais absolument méconnu fascine par la simplicité de son jeu, transformant la pop en quelque chose d'enfantin, de rêveur et de naïf. Ça parle d'amour, de surprises et de pleins de bonnes choses à l'intérieur encore.

Fraîcheur, harmonies vocales, puissance, sensation délicieusement enivrante de flotter parmi des douceurs éthérées, mariant l'indie rock américain avec le shoegaze, Velocity Girl présente tous les atouts nécessaires à l'enchantement.
Seulement, comment le groupe aurait-il pu être remarqué, avec sa pochette si caractéristique du mouvement (visage flou, couleur diluée, nom du groupe en caractère d'imprimerie) et son look d'étudiant (polos, cheveux courts et lunettes, préfigurant Weezer), alors que le monde entier préférait une musique plus brute, plus directe, plus "noir et blanc", plus violente aussi ? Le label est désigné grungy, alors que "Copacetic" doit presque tout à la pop anglaise, style Darling Buds ou Talulah Gosh, tout en y intégrant quelques mouvements d'humeur, qui préfigurera ce que fera par la suite des filles comme Veruca Salt. Difficile donc de s'y reconnaître.
Mais ce petit joyaux dissimulé entre les gros cailloux resplendit encore plus d'éclat : il faut se jeter sur cet album, plein à raz bord de mélodies pop passées sous speed noisy.

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