30 mai 2007

Swervedriver : 99th dream


99th dream de Swervedriver

Sortie : 1997
Produit par Alan Moulder
Label : Zero Records


Il aura fallu attendre que le shoegaze s’éteigne en 1997 (depuis deux ans, séparation de Ride, Lush, Slowdive, Adorable etc ...) pour que Swervedriver, un des pionniers, sorte un vrai bijou d’orfèvre.

Un dernier et ultime album où scintillent pourtant dix chansons, pures et cristallines, dont certaines dépassent les six minutes pour notre plus grand plaisir. Le bruit a cédé la place à la douceur et à la saturation contrôlée. Au gré de l'album, on est transporté d'ébahissement devant ces envolées majestueuses. Les mélodies sont tout bonnement incroyables, et on comprend mal comment elles ont pu être à ce point négligées. Car pour les fans, c’est l’album de trop, trop lisse, trop pop. C’est faire une injustice à la qualité des chansons, comme le psychédélique « 99th Dream », le jubilatoire et puissant « Wrong Treats », entrecoupé d’une délicate intervention à la guitare sèche, avant de se terminer tout en douceur, ou bien « She weaves a tender trap » et son intro annonçant un thème enchanteur, qui prendra plus d’ampleur au cours du refrain, poignant. L’album entier est une ode à l’évasion, une évasion vers un univers plus lumineux.

Les guitares sont utilisés ici pour devenir le support à un trip tranquille, évanescent dont on ne revient quasiment jamais, ou alors en ayant le souvenir de contrées merveilleuses traversés les cheveux au vent et les yeux pleins de rêves. Les mélodies sont jubilatoires (« Up from the sea »), n’hésitent pas à faire appel aux instrumentaux de guitares, aux tambourins, s’étendent et se répètent (l’envoûtant « Electric 77 » ou « In my time ») en de longues plages qui finissent par ressembler à de véritables pistes de décollages pour voyage hypnotique. Difficile d’ailleurs de se remettre d’une pareille écoute, le réveil après le long "Behind the scenes of the sounds & the times" est dur : on a l’impression d’être allé si loin !
Pas la moindre trace de fléchissement sur cet album intense et trippant, juste de purs moments de bonheurs.

Et dire qu'il aura fallu que ce groupe si talentueux change de label à la dernière minute, en catastrophe, pour être accueilli par les obscurs Zero Hour, suite aux problèmes financiers de Creation Records (fort du succès d'Oasis, quelqu'un crut bon de se barrer avec la caisse de trésorerie).
On pouvait penser que le groupe n'y survivrait pas ; mais aidé par leur fidèle ami et producteur Alan Moulder, ils reviennent avec un dernier opus, plus pop que jamais et tremplin pour s’oublier un instant et flotter avec la musique.

On aurait pu passer à côté de ce point d'orgue, de ce recueillement de grâce et de morgue effrontée, de ce voyage psychédélique mené avec un talent fou par quatre garçons mal-embouchés comme on n'en fait plus mais attachant au possible, et cela aurait été bien dommage.

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