8 mai 2007

Kitchens of Distinction : The Death of Cool


The Death of Cool de Kitchens of Distinction

Sortie : 1992

Produit par Hugh Jones

Label : One Little Indian

A l'occasion de son troisième album, le groupe britannique décide d'assombrir son ton, et de se lancer dans une démonstration plus magistrale, plus étirés et plus planantes parfois, ce qui aura tôt fait de décontenancer une partie des gens, qui confondirent majesté et grandiloquence.

Chaque passage éclatant est construit de façon magistrale, par une superposition instrumentale et une surenchère frénétique, jusqu'à un épanouissement sous forme d'apothéose débordante. Cette musique irradie comme une lumière jaillissante. Le trio anglais tire de leurs instruments et surtout d'une production sublime (dûe au bidouilleur qu'est Hugh Jones) qui tisse une toile sonore onirique, toutes les possibilités pour atteindre une grâce sans pareil. On reste conquis devant ces démonstrations splendides, ces confettis sonores, cette corne d'abondance, ces effets stroboscopiques atteignant des degrés d'intensité inégalés.

La musique de Kitchens Of Distinction est véritablement à part, riche, exubérante, luxueuse et nouvelle. Elle est l'occasion à chaque fois d'un voyage imaginaire et fantasmagorique, vers un monde présidé par la sensibilté exacerbée de ce groupe atypique. The Death Of Cool est leur troisième album mais sans doute leur plus varié et étoffé. Les morceaux prennent le temps de monter en intensité, certains sont aériens et trainants, soulignés par des reverbérations perdues. Mais dès que le groupe laisse sa puissance inonder au cours d'une tempête saturée c'est un véritable mur du son qui s'impose, brillant, ébourriffant et tourbillonnant. Les nappes d'effets, les déferlantes de guitares, cette magie ambiante et marque de fabrique du groupe, élèvent les compositions pour leur confier une valeur proche du sublime. Comme tout groupe de shoegazing de l'époque, ce ton saturé n'est qu'un miroir déformant à la mélancolie et la rêverie.

On a bien du mal à revenir après la fin de l'écoute. Kitchens of Distinction réussit à élever les propos très haut, jusqu'à se laisser perdre lui-même.

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