26 mai 2007

The Belltower : Popdropper


Popdropper de The Belltower

Sortie : 1992
Produit par Jodie Porter
Label : Eastwest Records (division of Atlantic)


Voilà encore un groupe qui fait partie des ignorés de l'histoire du rock. Combien êtes-vous à avoir entendu parler de Belltower ? D'ailleurs, combien sont au courant que les Belltower ont sortis une poignée de singles et un seul album au début des années 90, avant de gentiment se séparer sans rien demander à personne ?
Mais peu importe que l'on soit passé à côté de ce groupe, cela n'empêche en rien l'écoute fantastique de cet opus.
Car il s'agit bien ici de prendre le temps, d'apprécier chacun des titres présents, quite à se laisser glisser, voire se perdre. La voix de Britta Phillips, suave et rêveuse, épaulée de celle de Jody Porter, toute aussi douce, insère des notes subversive à une dream-pop trompeuse.
Faussement langoureuses ("Grounded" et son ambiance étrangement transcendantale), voluptueusement sautillantes ("Soltice", qui rappelle presque l'époque flower-power), terriblement volatiles (le noir "Slipstream"), les chansons frolent la perfection en matière d'envolée onirique. Au détour d'une guitare séche, d'ambiance obscure ou de passages saturés, on saute, on est trainé, on voyage en diagonale. Les mélodies sont merveilleuses, la texture sonore est finnement travaillée, l'accrochage avec l'atmosphère fantasmagorique et candide du groupe se fait instantanément.
Un album de têtes en l'air, de doux lunatiques et de tendres déconnectés, qui savaient se servir de leur instrument pour peindre une toile suréaliste, scintillante mais au plus proche du bouillonement qui s'agitaient en eux. Une envie d'évasion ("One dimensional") à l'intérieur de ces éternels jeunes, de ces incompris qui préféraient fuir loin et effacer les traces derrière eux de leur pélégrination à grand renfort de saturations et de guitares raffinées (le splendide "Eyes on the time"). Une sorte de discours d'autistes, comme les élégiaques du mouvement shoegaze, plus préoccupés par leur musique que par l'effet qu'elle pouvait insinuer.
The Belltower était américain, même si le groupe fit de nombreux festivals européens au début des années 90, ce qui explique peut-être pourquoi la formation de Jodie Porter est resté anonyme. Ceci dit, Popdropper était considéré comme un des meilleurs disques de shoegaze, chargé d'émotions et d'intensité. C'est un bijou d'autant prenant qu'il est accessible. En tout cas la voix de Britta Phillips (qui jouera plus tard avec le groupe de Dean Warehman, Luna) marque les esprits!
Ensorcelant, reposant et évasif, le charme de cet opus s'élève au dessus du temps et reste donc une perle de pop cosmique, qui finalement gagne à rester secret...

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