24 octobre 2010

Henry's Dress : Bust 'em Green



Bust 'em Green de Henry's Dress

Sortie : 1996
Produit par Dustin Reske
Label : Slumberland

Le retour au bon rock n’roll à l’ancienne ! Sur cet album, qui a des parfums de rock garage comme il se le pratiquait dans les années 60, on retrouve donc des guitares absolument crades, mal travaillées, distordues, saturées, mais surtout un sens du rythme carré et basique : c’est binaire et on ne se pose pas plus de questions !
« The way she goes » (et son groove entêtant, ses accès de fureur, son esprit vintage), ou encore « Get Yourself Together » sont des condensés de sauvagerie, punk dans l’âme, pop dans la forme, ou l’inverse, peu importe, ce qui prime c’est le bruit, c’est la simplicité, c’est le brut.
La voix espiègle de Amy Linton vient s’immiscer dans cette fureur criarde avec toute la fausse innocence qu’on lui connaît, comme sur les bombes que sont « Target Practise » et « Zero zero zero ». On n’avait pas connu une telle urgence depuis les Primitives ou Talulah Gosh. C’est avec ce genre d’album, que seul le label Slumberland pouvait produire, qu’on revient aux fondamentaux.
Alors bien sûr, il faut se taper les innombrables distorsions, d’autant que le mixage (s’il a bien eu lieu !) n’aide pas à polir le son, et on doit se résoudre à avoir des acouphènes, mais derrière ce tempo endiablé, cette urgence (peu de titres dépassent les deux minutes), cet esprit particulièrement lo-fi, on découvre de véritables perles mélodiques. Le riff très gras de « Winter 94’ » est un pur régal : il est si simple qu’on se demande comment il n’avait pas encore été inventé. Le délire boogie-woogie de « Not Today » est irrésistible. « Treefort », avec sa basse chewing-gum, ses saturations orageuses, son chant nonchalant et divin, est le titre le plus cool et le plus sexy que le groupe ait jamais écrit !
Il n’y a peu ou quasiment pas d’intro, pas de couplet / refrain d’ailleurs non plus, la chanson est un refrain en entier, passé au mixer, complètement torpillé et saccagé par des distorsions infernales ou encore une production déficiente, volontairement en dessous des moyens de l’époque, pour un rendu unique, qui sert uniquement la nonchalance du groupe. Des titres comme l’extraordinaire « Hey Allison » ou « All This Time for Nothing » n’en ressortent que grandis.

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