9 novembre 2008

Closedown : Nearfield



Nearfield de Closedown

Sortie : 1994
Produit par Kim Cascone
Label : Silent

Le premier et le seul album de Closeown est tout en sourdine, un brin monotone, mais qui se prête à l’hypnose pour peu qu’on plonge dans ce climat ambient, mélange flou entre le shoegaze et l’électro.
Sans pic, ni heurt, la musique enfantée par Jerry Battle n’est qu’une succession de passages vaporeux, déliquescents, ténus, voire même miroitant. On ne peut rien retenir de tangible, de concret, à quoi se raccrocher. Mirages instrumentaux fait d’illusions de guitares, de claviers clapotant et de vapeurs d’eau de voix condensée, les chansons de Nearfield ne font que passer, et n’arrivent pas à s’inscrire. Il n’y là d’espace que pour la fluidité, la profondeur d’une basse, l’étendue de guitares glacées ou la tristesse doucement déclamée par une voix qui, elle-même s’efface devant son propre souffle.
Extrêmement relaxant et apaisant, ces successions de plages sonores, graciles mais profondes, allègent les pressions et laissent l’esprit sortir de ses étaux étriqués. Ses morceaux d’ambient ressemblent à de l’éther, des remous d’ondes ou des nappes de fluides inconnus mais ondulant. D’origine synthétique, essentiellement à base de claviers et de samples de guitares, ils prennent pourtant une apparence organique presque troublante. Les échos de claviers évoquent de l’eau, les répétitions de guitares féeriques, des remous. Les saturations qui parfois les recouvrent font penser à des caresses sylphidiennes, tout juste appuyées par les bruissement de la boite à rythme lorsque celle-ci est présente. Dérivant au sein de cet univers feutré, évoquant Slowdive ou Seefeel, on surprend des enregistrements d’oiseaux ou de rivières qui coulent.
Et à la limite, l’élément le moins organique de l’album, serait peut-être la voix. Le chant est tellement doux et ouaté que l’on croirait entendre des souffles de chérubins venus du ciel.

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