12 novembre 2008

Aenone : Saints and Razors


Saints and Razors de Aenone

Sortie : 1993
Produit par Kramer

Label : Kokopop / Shimmydisc

Il est parfois étonnant de constater à quel point on peut faire du bruit, augmenter à fond le volume des amplis, jouer des saturations, et continuer malgré tout à se lover dans une douceur réconfortante.
A ce jeu, le jeune groupe new-yorkais se débrouille très bien.
Refusant de laisser ses guitares sur son clair, Aenone s’appuie sur une batterie simple mais précise qui lance un rythme mid-tempo et des riffs toujours brouillons mais ne s’écartant jamais d’une certaine marge mélodique. Un titre comme « Celestia » se révèle efficace sans varier sa formule, surchargeant un refrain clair et envoûtant par des guitares noisy. L’intro de « Gaze » est plus glacé, reposant sur la basse (constante sur toute la durée de la chanson), et ouvre un monde plus rêveur et enchanteur, que des saturations vont ensuite recouvrir. Le chant doux, léger et vaporeux, presque emprunté, va se laisser traîner pour dépeindre une mollesse adolescente saisissante de justesse. Sans conteste, le meilleur morceau de cet EP sympathique.
Le titre éponyme, en ouverture, se veut plus direct, plus accrocheur, plus virevoltant : dans ce tourbillon, seul finalement le chant reste monocorde dans la douceur. Quant à "Going Nowhere", cette gentille ballade convie à la fête tambourin, chant innocent et basse sautillante, compagnons d'un groove à base de distorsions.
Même si pour l’instant, le groupe répète ses gammes, leur personnalité peine à émerger. On se retrouve donc avec un ensemble de morceaux très agréables mais ayant du mal à proposer une nouveauté ou une remise en question du genre. Aenone a cependant le mérite de figurer parmi les premiers, et ce dès le tout début des années 90.

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