12 mai 2008

The Telescopes : To Kill a Slow Girl Walking EP


To Kill a Slow Girl Walking EP de The Telescopes

Sortie : 1990
Produit par Richard Formby
Label : What goes on


Le psychédélisme des débuts des Telescopes était dur, violent, presque sale et opaque. Le groupe faisait crisser les guitares jusqu’à ce que ça ne ressemble plus qu’à un marasme, un bourbier méconnaissable de distorsions.
Avec ces cheveux hirsutes à la Jim Reid et ses tee-shirts délavés à la javel, Stephen Lawries déversait ses doses de trip sonores avec une nonchalance éhontée de branleur. Brouillons, limite potaches, ses morceaux sont presque une souffrance pour les oreilles chastes.
Une cacophonie ambiante, faite de feedback pullulant (« To Kill a Slow Girl Walking »), à la fois rétro (on pense au Velvet), comme éminemment ancrée dans son temps (on pense à Loop), qui consume l’auditeur.
Il s’agit pourtant de véritables symphonies, avec coups de batterie insistante, cuivres et voix sortie du sommeil (« Treasure »), démonstration de vigueur, passé sous un crépitement incessant de guitares. Le groupe prend de la hauteur, ose plus encore dans sa démesure. Jusqu’à atteindre des sommets avec le sublime « Pure Sweetest Ocean ».
Cette chanson, extraordinaire, avec ces nappes noisy qui reviennent comme des vagues, puis cette fin sur des distorsions en forme de chants de baleines désespérées, est tout bonnement confondante !
On a l’impression d’avoir traversé le pire, qu’on a été sali par tant de bassesses, qu’on a été perverti, que déjà l’addiction survient…

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