20 avril 2008

Fiche artiste de Lucie Vacarme


Lucie Vacarme

Toulouse, 1988, à l’université. Des amis étudiants s’ennuient. Et alors que d’autres se préparent consciencieusement à l’échéance des examens, eux investissent des locaux de la fac, branchent leur guitare et font du bruit. Comme ils ne savent pas par où commencer, ils décident de reprendre leurs groupes préférés, juste pour le fun.
Pour l’instant rien qui ne sorte du commun.
Seulement voilà, ces quatre jeunes gens avaient des goûts assez marginaux pour l’époque. Contrairement à la majorité qui vouait une adoration pour la scène punk française, eux s’intéressèrent de près à ces petits EPs que leur disquaire ramenait exprès de l’Angleterre ou des Etats-Unis. Et ils découvrirent, effarés, des formations encore underground, comme Dinosaur Jr, Sonic Youth ou My Bloody Valentine.
A part et déjà en décalage, ils n’eurent plus qu’une idée en tête : proposer une vision très personnelle du noisy. Et sans se prendre une seule seconde au sérieux. Une incongruité en France.
A force de concert qui firent grand bruit à Toulouse (et pour cause !), c’est le label Lithium qui se proposa de sortir les enregistrements de Lucie Vacarme, à commencer par leur plus célèbre single « Essaie de comprendre », qui passa à longueur de temps sur les radios locales des grandes villes universitaires. Virent ensuite l’album « Milkyway » en 1992 puis un dernier EP « Audioscope », produit par Jelo Jack.
Si on connaît aujourd’hui Lucie Vacarme, c’est surtout parce qu’il comprenait en son sein Michel Cloup, futur guitariste de Diabologum et de Experience, groupe expérimentaux français qui ont apporté le vision très personnelle du noisy.
Mais c’est occulter tout ce que le groupe toulousain a apporté. Point de départ d’une certaine frange du rock français, Lucie Vacarme montra que l’on pouvait mêler sens mélodique avec une certaine radicalité musicale. Et faire tout cela sans se gargariser d’intellectualisme, mais tout en restant de grands enfants. Car finalement c’est tout ce qu’étaient Patrice (basse), qui fit parti également des Dirty Hands, Valery (batterie), celui qui s’occupait des pochettes, et qui fut aussi à l’origine de La Fossette de Dominique A, Michel (guitare) et David (guitare et chant). Ni plus ni moins que des étudiants qui s’ennuyaient. Et qui eurent raison.

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