28 septembre 2007

SIANspheric : Somnium


Somnium de SIANspheric

Sortie : 1995
Produit par The Shimmer Twins, Rob Sanzo et SIANspheric
Label : Sonic Unyon


C'est carrément un voyage stratosphérique qui est au programme sur cet album séminal.
Le rythme lent, soporifique presque, permet de créer tout l’espace nécessaire à la coulée de fluides, vagues de guitares féeriques et irréelles, de bulles fantomatiques ou autres épanchements cosmiques.
Sianspheric évolue dans des univers chers au space-rock, à la dream-pop ou encore au shoegaze qui commençait tout lors à disparaître. Autrement dit, ça ne s'énerve pas beaucoup. Calme et relaxation sont les maîtres mots au cours de ces chansons (ou plutôt plages sonores) qui allongent les durées au-delà des cinq minutes, voire vingt pour le morceau de conclusion. Album idéal donc pour s'endormir paisiblement et se laisser dériver.
Le champ libre est laissé à l'épure, l’amplitude, la lumière, avec pour objectif clair d'envoûter un maximum. La retenue sidérante dans l'utilisation de la batterie ou des percussions et le contournement des guitares en forme de bulles de savons n'en finissent pas d'étonner. L'intervention des instruments ne sert pas à définir des lignes distordues mais plutôt un axe droit, savamment dessiné et enrichi de pluies d'or, de volutes magiques et d'ambiances nébuleuses. Les voix sont lointaines, non pas dans l'intensité mais dans les intentions. Douces, ouatées et presque lasses, elles ne prennent jamais les devants mais concourent à souligner délicatement l'ambiance céleste de cette musique.
Et lorsque les guitares ne se retiennent plus et qu'elles s'emballent pour un mur du son puissant, lourd, pesant, métallique, tout en tempête ultra-carrée et maîtrisée à la perfection dans ses coupures, on vacille sur nos repères. Comme berceuse, on a connu plus doux. Mais l'intensité participe grandement à rendre cet univers aérien plus concret et subtil.
L'effet de fascination n'est donc jamais rompu.

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