19 septembre 2007

Fiche artiste de Black Tambourine


Black Tambourine

L’histoire de ce groupe de Silver Spring (dans le Maryland), aussi courte fut-elle, est incontestablement liée à celle du label Slumberland, puisque Mike Schulman participera à la création de la structure, qui deviendra par la suite respectée aussi bien pour l’intransigeance de son catalogue que pour son credo volontairement éloigné des tendances de l’époque, quitte à passer pour une petite bulle repliée sur elle-même.
Son groupe de l’époque, Black Tambourine, fut donc tout naturellement un des premiers groupes de la côte ouest des Etats-Unis à paraître sous la signature Slumberland.
La légende débute avec une simple compilation, « What kind of heaven do you want ? », regroupant trois titres : un de Velocity Girl, un autre de Powderburns et le dernier de Black Tambourine. Le reste appartient à l’histoire : une éthique sans faille et une volonté jamais démentie de rendre concret leur désir de voir éclore une musique à la fois simple et belle, préservée des assauts mercantiles qui pourraient la dénaturer.
Black Tambourine sera l’affaire de gens passionnés et avant tout amis, puisque composé de musiciens uniquement issus de cette même scène de Washington. Autour de la chanteuse Pam Berry, on retrouvait donc le guitariste Mike Schulman, le bassiste Archie Moore (qui auparavant appartenait à Velocity Girl ; le monde est petit) et le bassiste Brian Nelson (initialement chez Whorl ; décidément…). En fait, il ne fallait pas voir plus que le projet de quelques fans de pop anglaise, qui s’étaient rencontrés à la fac du Maryland. La formation ne composera que très peu de chansons, pour une carrière étalée entre 1989 et 1991 seulement. Mais Black Tambourine se fit connaître surtout pour être un super-groupe en devenir, Archie allant avec Heartworms (avant de devenir un producteur respecté), Mike avec Magpies, Pam apparaissant vocalement auprès de Veronica Lake ou The Pines et surtout Brian rejoignant Velocity Girl.
Leur passage fut donc éclair mais inversement proportionnel à l’impact qu’ils eurent sur tout le monde indépendant des années 90. Leur style, subtil croisement entre la pop sixties de Phil Spector et le rock noisy des groupes de Creation, allait rester dans les mémoires. En matière de cure de jouvence des codes musicaux en vigueur dans la Bay Area, Black Tambourine faisait figure de pionnier. Au-delà d’être tout simplement un des tout premiers groupes initiant la vague shoegaze aux Etats-Unis, c’est sans doute une bonne partie du lo-fi, de la pop de chambre et de l’indie pop qui leur est redevable. Un destin qui rappelle un peu celui des Young Marble Giants.
Aujourd’hui culte et respecté, le label Slumberland fait figure de modèle d’intégrité et de définition du mot indépendant. Il ne serait rien sans Black Tambourine. Mais en fin de compte, à l’écoute de ces chansons géniales, noisy et naïves dans leur absence de prétention, on se dit que ce sont beaucoup de choses qui n’auraient pu exister sans Black Tambourine. On pense à une certaine idée de la joie simple et enfantine que peut procurer la musique dans tout ce qu’elle a d’innocente et de préservée.
Alors pour toutes ces raisons, oui, Black Tambourine est éternel.

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