8 juillet 2015

Swirlies : They spent their wild youthful days in the glittering world of the salons

They spent their wild youthful days in the glittering world of the salons de Swirlies

Sortie : 1995
Produit par Rich Costey
Label : Taang! Records

On avait laissé les Swirlies avec un excellent album complètement dingue, ils reviennent peut-être plus apaisé, plus construit, bon, dans la limite de leur capacité tout de même, on parle là de jeunes amoureux des distorsions !
Mais il n'empêche que la fougue est mise de côté, au profit d'une nonchalance, une certaine dérive. Les morceaux sont plus linéaires, pas obligatoirement plus faciles à saisir, au regard des éclairs saturées ou des incursions, en tout cas certainement plus calmes qu'avant, presque sérieux.
Est-ce du aux nombreux changement de personnels, Anthony DeLuca remplaçant Ben Drucket à la batterie et Seana Carmody ayant laissé sa place au micro à la délicieuse Christina Files ? Pas d'inquiétude, c'est bien le doux-dingue Damon Tutujian qui mène toujours la barque. C'est lui qui entraîne le groupe vers de nouveaux territoires. Si on garde le goût pour les harmonies vocales et la douceur du chant, Swirlies en profite pour signer des chansons chaloupées comme "Two girls kissing" ou s'inspirer de la torpeur saturée toute Bloodyniesque avec "In harmony new found freedom".
On pourra regretter l'énergie du précédent opus, on sent bien qu'ici le groupe se refrène, s'interdit de partir dans tous les sens, les passages saturées sont lourds et contrôlées. Mais on se délecte du travail fait sur le rythme, à la fois intellectuel et évanescent, entre la douceur minimaliste de "The vehicle is invisible", l'influence hip hop à la Beck de "Sterling Moss" ou encore la boucle répétitive façon kautrock de "Sounds of sebring". Faut-il y voir une influence de Kurt Heasley, leur comparse de Lilys, désireux lui aussi de se livrer à quelques expérimentations psychédéliques ?
Toujours est-il que le talent reste et c'est bien le principal. On peut alors continuer à savourer sur "San Cristobal" par exemple, de tels riffs pesants et agressifs, tandis que les voix féminines et masculines restent calmes et s'accordent à merveille.