25 février 2012

The Becketts : Me and Robert Forster EP


Me and Robert Forster EP de The Becketts

Sortie : 1991
Produit par John Parish
Label : Bad Girl

Pas facile de se trouver une place lorsqu'on vient de Ilminster, une petite province anglaise, qu'on signe sur un label inconnu Bad Girl Records (également celui des Family Cat), éloigné de la hype et surtout de Creation qui truste les charts, et qu'on pratique une musique évoquant le shoegazing, qui est déjà à la base un mouvement peu reconnu, sans pourtant le jouer de manière convenue.
Ravagé par des distorsions horribles, coupantes et bruyantes, « Me and Robert Foster » est surtout un morceau incroyablement pop et avenant. Malgré le bruit ambiant et l’âpreté des guitares, on a avant tout le droit à un superbe morceau enlevé, joyeux et pêchu. Incontestablement, un des meilleurs morceaux du groupe. Un de ceux qui filent une bonne humeur pour longtemps ! En même temps que des acouphènes…
Pour cet EP, une référence trop méconnue en matière de shoegaze, The Becketts fait exploser constamment les guitares, tout en prenant un ton plutôt pouilleux, grossier, mal soigné. L’accent très fort de Province, rocailleux et rêche, de Michael Chinaski fait ici des miracles. Il donne plus de mordant à ces titres avant tout mélodieux. C’est une reprise en main de la pop par des jeunes fous malpoli et sans bonnes manières. Qui oserait d’ailleurs donner pour titre « Burn Margaret, Burn » ?
« On wings of desire » manque de peu de faire craquer les amplis, à force de percussions industrielles, de saturations ininterrompus, mais il réussit à laisser s’immiscer une voix féminine en chœur pour une coloration divine. Marqué par le délire avant tout, « Burn Margaret, Burn » reste une vraie démonstration : les saturations sont éclatantes, le rythme est varié, on y retrouve tout un tas de petites trouvailles, de décalages et de second degré. A la fois furieux et populaire, un vrai régal !
S’il n’a pas été très remarqué, cet EP est pourtant, aussi bien dans la carrière du groupe que pour le mouvement shoegaze en général,une vraie pépite.
Les amateurs ne s’y sont pas trompés, le groupe étant voué à un culte par les rares qui le connaissent.

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