15 juin 2011

Historique de la scène de Dublin


Irish fighting spirit
Difficile d’émerger lorsqu’on vient de Dublin : tout le monde n’a pas la chance de pouvoir un jour enregistrer au fameux Windmill Lane Studio (celui de U2 entre autres…) et pour s’inscrire dans la scène alternative, il n’y a guère d’autres solutions que d’aller s’exiler ailleurs. C’est ce que firent par exemple les groupes shoegaze Rollerskate Skinny (où figure le frère de Kevin Shield) et Whipping Boy pour avoir une chance d’être reconnu par des labels basés à Londres, place davantage exposée.
Pourtant ce déficit d’image n’empêcha pas la ville irlandaise d’héberger dans les années 90 une scène locale très bouillonnante et passionnante. Bien-sûr aucun des groupes qui en faisaient partie n’ont connu ne serait-ce que le dixième du succès des Cranberries. Mais cela n’empêcha pas cette scène de faire vivre Dublin et de montrer qu’un mouvement indépendant pouvait aussi être naître là-bas. C’est ainsi qu’une flopée de groupes, pratiquant soit du noise, soit du shoegaze, allait prendre d’assaut une flopée de bars, qu’une flopée de fanzines allait en parler et qu’une flopée de singles, de démos et de split allaient circuler dans la ville, pour le plus grand plaisir des amateurs de rock. Le tout dans un esprit bon enfant, parfois un peu moins (ça se battait souvent dans les bars !). La légende allait petit à petit se former autour de Mexican Pets, The Idiots, Luggage, In Motion, Pet Lamb, Sunbear, Wormhole, et tant d’autres…


Ce qu’il faut savoir, c’est que les choses étaient loin d’être gagnés. Pour peu qu’on soit un groupe de rock indépendant, qu’on souhaite sonner noisy et avoir une attitude Do-It-Yourself, difficile de se faire connaître et de trouver un support pour se diffuser. Et ça, certains groupes l’avaient bien compris en allant s’établir à Londres. Mais cela n’a pas été un frein pour d’autres, désireux de faire coute que coute la musique qui leur plaisait, peu importe qu’ils soient complètement fauchés.
Avant leur premier concert en 1990 chez McGonagles, les trois amis d’enfance qu’étaient Liam Ryan, Alan Kelly et John Duff (plus tard avec Mexican Pets) tentaient tant bien que mal d
e maîtriser leurs manches de guitares dans un hangar de Crumlin. Par la suite, cette première prestation, pleine de culot, permit au trio qui allait devenir In Motion, superbe groupe shoegaze irlandais, de se produire au Rock Garden, Trinity, The Attics ou encore Fox and the Pheasant.
De même, c’est à force de répéter dans un local d’entrepôt loué 2£ la journée que les membres de Wormhole, tous fans de Fugazi, décident de sauter le pas et de jouer en live. Mais leur guitariste ne se sent pas à la hauteur. Il sera remplacé par Graham Blackmore, le jeune frère d’un de leurs compagnons. Leur premier concert, au Baggot Inn en juin 1992, dont ils firent eux-mêmes la promotion, ne leur rapporta quasiment rien, juste de quoi être défrayés ! Mais ils ne se découragèrent pas et, tout en consolidant leur songwriting, ils établissent des contacts dans tout Dublin. Pourtant Graham n’avait 16 ans au moment du concert et les jumeaux Dave Caroll (batterie) et Anthony Caroll (basse), que 22 ans. A défaut de grandes salles de concert, ils arrivent à se produire dans de multiples pubs dans la ville, comme The Attic, Fox and the Pheasant ou The Earl Gratten, en premières parties de groupes locaux.


C’était une période euphorique, grâce à l’énergie des concerts, souvent chaotiques d’ailleurs. Toutes les semaines, les irlandais pouvaient avoir l’assurance de voir se produire leurs groupes préférées dans ces petites salles, devenus mythiques mais désormais fermées. Les soirées là-bas étaient l'occasion de voir les groupes locaux sur scène, tout en s'assurant des places pas chers et des bières bon marchés. L'ambiance devenait vite électrique et se finissait parfois en bagarre générale ! Mais il n'y aurait pas eu de scène indé à Dublin s'il n'y avait pas eu tous ces pubs. The Idiots, The Vains (le groupe de Eric Scott), In Motion, Unease, et bien d’autres encore, se sont tous produits là-bas, s’assurant les uns, les autres de faire les premières parties. Les prestations plutôt surchauffés contribuèrent à leur réputation et le bouche à oreille, ainsi que les fanzines, contribuèrent très vite au buzz. Le style était lourd, cathartique, proche du noise hardcore (comme avec les excellents Mexican Pets), en tout cas saturée (comme avec In Motion) et en tout cas, quoiqu’il arrive, monté avec trois fois rien. Pas besoin d’être pro de la guitare pour posséder son propre son. De nombreux dilettantes du rock ont eu envie alors de s’immerger à leur tour dans cette scène, qui a progressivement grossis et contribué à faire vivre les quartiers populaires de Dublin, d’habitude délaissés.
Ce qui a démarré comme une vague fumisterie a fini par donner lieu à l’émergence de groupes talentueux. Martin Kelly (le chanteur du groupe shoegaze Sunbear) raconte ainsi leur début : «
C’est en 1993 qu’on a fait notre premier concert où on a joué deux chansons seulement, devant un public clairsemé. Les paroles n’étaient pas vraiment un problème parce que je n’ai jamais vu la nécessité d’en écrire des tonnes durant une chanson, mais par contre les chanter était une autre paire de manche ! Je ne voulais pas être un chanteur mais on s’est rendu compte que j’étais le seul apte à ce rôle. Et j’ai tâché de glisser mes meuglements quelque part au milieu des distorsions de guitares.
La seule raison qui nous ait vraiment poussés à fonder un groupe fut le désir de jouer de la musique saturée. Comment on avait les oreilles branchées sur My Bloody Valentine, Sonic Youth, Dinosaur Jr, Swervedriver, Pale Saints, parmi tant d’autres, on était vraiment influencés par eux et on était aussi impressionné par tous ces groupes qui jouaient dans le même style qu’eux chaque semaine à Dublin (In Motion, The Idiots, Luggage, The Mexican Pets, Pet Lamb). Après un moment, on était vraiment fier de pouvoir partager cette scène avec eux.
On a également souvent partagé l’affiche avec Whipping Boy et les parieurs auraient pu se faire un max de frics en devinant pour qui on faisait la première partie.
»
La tendance à vouloir mettre le volume des amplis à fond assure une ambiance bordélique dans les salles, ce que l’alcool ne contribue pas à apaiser. L’esprit était proche de l’amateurisme. Et cela augurait de souvenirs mémorables, lieux de rendez-vous pour tous les amateurs de rock de la ville.
« Quelqu’un a dit une fois qu’ils nous aimaient bien parce qu’on était imprévisible, se rappelle Martin Kelly, les choses pouvaient dégénérer puis ressembler à un état de grâce l’instant d’après. Je ne suis même pas sûr qu’on appréciait cela, vu qu’on n’était jamais content de nos prestations et j’ai plus souvenirs de mes divagations d’alcooliques ! ». Mais ces groupes réussissaient à canaliser ce chaos apparent pour n’en garder que les bons côtés. Même si les chansons pouvaient se voir rallongées par quelques improvisations et autres distorsions, elles conservaient leur sens de la mélodie accrocheuse et fédératrice. Pour citer un exemple, les membres de Wormhole étaient si concernés à l’idée de jouer bien, qu’à la moindre faute s’échappait quantité d’insultes, lorsque ce n’était pas le matériel qui était cassé. Ils finirent par acquérir une réputation plus pour leurs frasques que pour leur musique. Et ils étaient en train de se créer une base de fans, sans s’en rendre compte. Il faut dire aussi que les prix des places n’étaient pas très chers non plus, ceci expliquant sans doute cela.


De manière Do-It-Yourself, la scène s’organise et les groupes s’arrangent entre eux pour sortir leurs singles et produire des cassettes, faute d’autres moyens. Ainsi le seul enregistrement du groupe The Idiots est en réalité une démo ! C’est donc avec une qualité peu adéquate qu’on découvre ce mélange unique de noise made in Amphetamine Reptile Records et de shoegaze. Et il arrive souvent que les joueurs eux-mêmes se muent en producteur, pour filer un coup de pouce aux amis. Il faut ensuite s’exiler ailleurs pour trouver un studio pas trop cher.
La première publication de In Motion fut enregistrée par Dylan Philips, du groupe Pet Lamb. Il s’agit d’un split de cinq titres avec Pet Lamb, Ciunas et Wheel, intitulé « A statement is a weapon on an empty hand » et paru en 1992. Il représente avec le recul comme le premier acte fédérateur de la scène de Dublin. Un autre single sort l’année suivante sur un label basé à Cork.
S’en suit une série incroyable de concerts avec Mexican Pets, Pet Lamb, Luggage, Sunbear, The Idiots.
Mais cela entraîne malgré tout beaucoup de galères et la situation reste précaire pour tous ces groupes. Il est temps de monter à Dublin un label indépendant digne de ce nom. Une structure proche de cette scène qui se chargera de capter toute cette effervescence rapidement et sans se ruiner, en gardant cet esprit Do-It-Yourself. Ce sera chose faite avec le légendaire label Dead Elvis.


Depuis le début de 1993, le groupe Wormhole était tout le temps en train de parler avec Eammon Doyle qu’ils avaient impressionné lorsqu’ils avaient joué pour le club qu’il tenait au Fibber Magge’s. Le club s’appelait « Crush » et il était logé dans un bâtiment qui devait à la base être une résidence. La location était peu chère car située dans un quartier populaire de Dublin. Le bureau de Eammon avait ainsi une vue imprenable sur les bagarres de rues à la fermeture des bars ! Il était en train de monter un label qui plus tard allait devenir Dead Elvis, et Wormholes devait être la première signature. Eammon Doyle, Og Crudden et Marc Carolan étaient les autres personnes derrière le label à l’époque. En avril 1994, ils commencèrent alors à enregistrer ce qui devait n’être qu’initialement un EP mais comme les choses se passaient très bien, ils rajoutèrent des chansons. Le studio Fuse, au 147 Parnell Street, était en train de se construire encore lorsqu’ils enregistraient ! Malgré tout la location n’excéda pas sept jours. C’était la première fois qu’ils travaillaient avec Marc Carolan. Plus tard, il allait devenir célèbre et tourner partout dans le monde.
« Chicks dig scars » sortit en mai 1994 sur le label Dead Elvis uniquement en CD pour la somme de 5£. Ce fut une révolution puisque Dead Elvis avait découvert une presse de CD-ROM appelée Sonopress qui finalement servi à produire des albums de musique. Le pas avait été désormais franchi et il n’y eu plus de réticences de la part des différents groupes de faire appel à eux, ce qui permit à la musique en Irlande de connaître un boom. Quelque part cet album de Wormhole était un peu spécial pour avoir été le premier. Colin, du groupe Sunbear, se rappelle son étonnement à l’époque : « lorsqu’on a appris que Wormhole sortait un album, on était tous surpris. Non pas que Wormhole n’était pas suffisament bon pour avoir le droit à un album, mais personne de cette envergure à Dublin n’avait réussi une telle performance ! En plus, cet album a été un CD ! Sortir un album en CD appartenait avant à des groupes avec un plus gros budget. D’habitude, on tentait de faire la promotion de nos démos sur cassettes »

Eammon Doyle, qui trainait pas mal dans les bars à l’époque, approche un autre groupe, In Motion, pour leur proposer de faire eux-aussi leur premier album. « The langage of everyday life » fut ainsi enregistré dans les studios Fuse, toujours sous la houlette de Marc Carolan, qui contribua énormément au son shoegaze du groupe. L’album est élégant et magnifié. Il contribua à la scène de
Dublin d’avoir une certaine crédibilité. Pourtant l’album fut enregistré par des jeunes amateurs : selon Steve Rennicks, un éditeur de fanzine de l’époque, qui accompagna le groupe The Vains dans les studios de Fuse, témoigne « que tout le matériel n’était pas encore livré, les travaux dans le studio allaient être fini seulement en 1994 et Marc Carolan n’avait qu’une vingtaine d’année à l’époque ! ».
L’émergence de Dead Elvis permet à d’autres groupes d’avoir leurs chances. Après Wormhole et In Motion, ce fut au tour de Sunbear, un autre groupe shoegaze, d’aller jouer dans les studios de Parnell Street, devenu un véritable camp de base pour la scène de Dublin. Martin Kelly explique les conditions de l’époque : «
On avait seulement 200 £ avec nous (ce qui représentait tout de même une sacrée somme vu les boulots de merde qu’on enchainait Moss et moi !) et on les a dépensé pour une semaine de studio et mille copies de notre album. Je pense qu’on a tenté d’être le moins conventionnel possible et de mettre beaucoup d’émotions dans ce qu’on faisait. On a vraiment pris ça au sérieux.
Marc Carolan a été super avec nous ! On s’est investi à fond et il nous a aidé à bien le vivre. On voulait une tonne de fuzz et de distorsions sur certaines chansons, et plus de mélodies claires hérité de la dream-pop pour d’autres, et je pense que c’est ce qu’on a obtenu. Toutes les influences shoegaze sont là, mais j’espère qu’on a su garder notre originalité. « Resin » et « Things to do » sont clairement typés indie mais on aimait essayer d’autres genres de musique, et je pense que « Centre Page » résume assez cette idée. La voie trafiquée par l’ordinateur sonne bien même si tout le monde pense qu’on a piqué l’astuce à Radiohead
». Colin Morris, le bassiste du groupe, évoque lui aussi ses souvenirs de l’enregistrement : « Og Crudden nous a proposé son aide pour nous produire. Avec Dead Elvis, ils avaient déjà un studio, connu pour avoir sorti l’album de Wormhole et In Motion, et déjà un producteur, alors avant qu’on ait le temps de se rendre compte de quoi que ce soit, on était dans un studio pour 50£ la journée. Une table de mixage Soundcraft, une 8-pistes et Dieu sait quelle sorte de micros, furent nos seuls outils, mais on s’en est sortis quand même ! Marc était vraiment doué et très inventif. Par exemple, la voix trafiquée à la « Stephen Hawkins » sur Centre Page fut enregistré un an avant que Radiohead fasse la même chose avec Fitter/Happier sur OK Computer. On était donc en avance sur notre temps si on peut dire ! »


Ce qu’il faut retenir de toute cette effervescence, les concerts dans les petites salles de Dublin, cet esprit de débrouille et l’éclosion de Dead Elvis, c’est que ce mouvement ressemblait plus à une grande famille. The Idiots est ainsi un projet parallèle du chanteur Brian Mooney (de Pet Lamb) et James Eadie, le claviériste du groupe, appartenait également à Luggage, formation atypique, mélange de punk à la Wire et de glam à la Pulp, avec Rachel Tighe, ex-Into Paradise, une formation irlandaise culte, qui pratiquait une musique froide héritée de The Chameleons. Son chanteur, Dave Long, a ensuite fondé Supernaut. Et des groupes comme Whipping Boy, qui se sont établis à Londres, sont souvent retournés à Dublin pour partager les affiches. Wormhole signe sur le label Roadrunner, encouragé par Pet Lamb qui venait de faire de même auparavant. Lorsque Mexican Pets n’a plus de batteur, c’est John Duff de In Motion qui le remplace. Eammon Crudden, le patron du label Dead Elvis, s’occupait de faire les clips vidéos, et malgré les mauvaises qualités, il réussit à les faire diffuser sur Irish TV, au sein de l’émission No Disco. Cette émission de musique devint très vite le support de cette scène, à force de diffuser les clips de Pet Lamb, Mexican Pets ou In Motion. Des extraits live passaient également, comme ceux de Wormhole en 1993 ou The Idiots en 1995.

Malheureusement, les sirènes commerciales ont eu tôt fait de briser l’élan et de tuer cette scène à petit feu. De plus gros labels, désireux de se faire de l’argent ou de se redorer une image, ont commencé à vouloir attiré dans leur filet quelques groupes locaux, ce qui s’est révélé fatal.
C’est ce qui arriva pour Wormhole. Après de multiples tournées, notamment en Angleterre, leur label Roadrunner exige un deuxième album. Steve Rennicks, fan du groupe, explique que la session se révéla une plaie, éreintante pour tout le monde, et fut certainement l’effort de trop, à cause de la pression du label de se dépêcher de boucler l’album. En plus, l’enregistrement avait lieu aux Etats-Unis, ce qui obligea le groupe de changer de noms pour des problèmes de droit. Au final, l’album est brouillon, comme un premier jet, et renvoie au manque d’égard du label. Pourtant « Parijuana » marque une réelle évolution dans le style du groupe, une vraie qualité dans l’écriture, d’autant plus méritante que réalisée dans des conditions misérables, à cause du petit budget alloué par Roadrunner. Comble de malchance, le label rejette les démos envoyées et abandonne le groupe, tout comme ils abandonnent également Pet Lamb ! Heureusement, en 1996, un vieil ami du groupe, Shane O’Reilly leur explique qu’il compte monter un label et leur demande s’ils ne voudraient pas sortir un album. Ils retournent alors en studio, pour trois jours, et aboutissent à un nouvel album, « Scorpio », nouvelle expérience, et nouvel engouement.
Plus tard, « Parijuana » sera finalement réédité, mais ce n’est qu’un trompe-l’œil puisque les membres du groupe, voyant que guère personne ne s’intéresse plus à eux, décident de se séparer.



Car un autre facteur est aussi à prendre en compte : l’essoufflement naturel de la scène. A la fin des années 90, le rock indépendant est passé de mode, les nombreux bars qui autrefois faisaient le plein, mettent successivement la clé sous la porte, le label Dead Elvis s’éteint en 1999, faute de quoi être rentable.
Comme le raconte Patrick Morgan, le batteur du groupe Sunbear : « Probablement à notre grand dam, d’autres influences travaillaient dans l’ombre, et « l’industrie musicale » est venue frapper à notre porte. A l’époque auto-produire son album, même si c’est ce qu’on avait fait pour notre premier, n’était plus vraiment à la mode. Je pense qu’on est tombé inévitablement dans le piège de la signature de contrat, des labels etc… On a finalement passé un accord avec Enclave, un label américain qui était tombé sur nos démos. En vérité, on trouvait ces chansons en deçà de ce qu’on a pu faire par la suite. Mais peu de temps après, le label faisait faillite. Le groupe a malgré tout continué, mais les concerts nous ont éparpillés, puis l’âge et la fatigue nous ont rattrapé, alors on s’est séparé. »
C’est fatal mais c’est comme ça. Et aujourd’hui, Dublin est à nouveau tombé dans l’indifférence, sans que personne ne se doute qu’il n’y a pas si longtemps, existaient des groupes locaux, amoureux du bruit, qui faisaient du punk, du hardcore ou du shoegaze, dans un pur esprit indépendant comme on aimerait en voir plus souvent !




Sources :


















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