22 octobre 2009

The Telescopes : 7th # Disaster EP


7th # Disaster EP de The Telescopes

Sortie : 1989
Produit par Richard Formby
Label : Cheree Records

Ça crache, ça hurle, ça arrache les tympans et les oreilles avec, c’est comme si on avait la tête contre l’ampli, mais c’est ça qui est bon. Single culte, single vénéré par tous, single par lequel tout a commencé, 7th# Disaster est un pur joyaux : déflagration punk, éructation de drogué et distorsions à tout va, c’est la morgue et la suffisance qui prennent le pouvoir.
Certes, Stephen Lawrie ne se ménage pas (mais l’a-t-il jamais fait à ses débuts ?) et éructe dans le micro comme un forcené, comme s’il se moquait des couches de guitares stridentes qui recouvrent sa voix, toujours est-il que le groupe fait preuve d’un sens du psychédélisme ahurissant. On a toujours cru que le psychédélisme, c’était réservé à d’oisifs hippies, adepte de l’insouciance paresseuse, pas les Telescopes. Eux, ils considèrent que pour planer, il faut se prendre des claques.
C’est à force d’être percuté par ces distorsions à n’en plus finir, par ce rythme débridé, qu’on finit par succomber et se laisser porter par une sorte d’envie de tout valser. Pour prendre la tangente. Et ainsi décoller. L’hédonisme, c’est aussi ça : marteler, marteler, marteler pour finir par se rendre compte que finalement rien n’a d’importance et que tout ce qui compte, c’est le son, le bruit, le plaisir que cela procure.
Il n’y a sans doute pas plus bel exemple de déchéance esthétique que le cradingue « The Planet », mélange grillé de distorsions lunaires qui évoque autant les Spacemen 3 que Loop, avec cette hargne qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Car c’est cela qui caractérise les Telescopes et les a érigé au statut de culte. Leur désir de torpiller, de foncer dans le tas, sans faire de détail, tant pis pour les écorchures, il faut que ça sorte, qu’on se fasse plaisir, qu’on bousille les enceintes, c’est là, lorsque tout se recouvre, qu’on ne distingue plus rien, que l’on sent le psychédélisme s’exprimer sans contrainte.
Sur le superbe « Nothing », au milieu d’une brouillage constant, insistant, qui semble ne jamais stopper, émergent des voix flémardes, et lâchant des textes complètement allumés, ou bien des « aaaaaaaaaaaaaaahhh » doux mais paresseux, qui feront école pour beaucoup de groupes anglais, on retrouve un laconisme impressionnant, une sorte d’éthestique tarée, qui n’a pas de logique mais que de la beauté pure. Une beauté pervertie évidemment, souillée par tant de bassesse.
A l’image du merveilleux « Cold », un des plus beaux titres de Stephen Lawrie, toute époque confondue, avec son rythme lancinant, sa guitare sèche, ses saturations fatiguées, sa voix laconique et ses accélérations subites, l’air de rien, sans rien comprendre, symbolisant comme jamais on n’avait fait, l’état de défonce général dans lequel était plongé les musiciens.
Un single incroyable et qui en influencera plus d’un par la suite, croyez-moi !

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