7 mars 2009

Buddha on the Moon : Sratospheric


Stratospheric de Buddha on the Moon

Sortie : 1997
Produit par Warren Derefer
Label : Drive-In


Dans une autre vie, Buddha on the Moon aurait pu être un de ces groupes folk, laconique mais incroyablement beau et porteur d’un souffle léger et chaleureux.
Car impossible de s’y méprendre, ces déferlantes de guitares, ce ne sont que des caches misère : en vérité le groupe, lui, est en prise avec une profonde tristesse. Sous ses couches électriques, grondant comme un tonnerre, on débusque un petit air de ballade d’écorché vif, se prenant à s’épancher sur son dépit, comme tout bonne âme en peine qui se respecte (« Summershine »), ou bien des guitares sèches, évoquant ces chansons désoeuvrées, qui respire les accords mineurs et la suavité (l’instrumental « My Own Private Undoing »).
Avec ces musiques d’autrefois, Buddha on the Moon doit certainement partager la même pharmacie, remplie de Valium ou de Xanax, mais aussi ce même spleen qui voudrait fuir la dure réalité des choses. Pourtant ces américains ont préféré garder des traces du shoegazing, avec des guitares très dures et recouvrantes. Ce laisser-aller est de mise tout au long de l’album. Ce shoegaze somnambulique et désenchanté assèche les gorges et humidifie l’esprit.
Le registre est mélancolique mais le terrain exploré est d’un esthétisme volontairement très prononcé, quelque part entre un univers doux et rassurant et un merveilleux élégiaque, à l’instar de « Norfolk Windmills » ou du magnifique « Judas Iscariot » (et sa guitare sèche à faire pleurer), de manière à atteindre des sommets dans le recueillement et le déballage, forcément pudique, des tracas émotionnels qui habitent les membres de Buddha on the Moon.
Derrière ces surcharges électriques, comme je l’ai dit, on retrouve face à une tendresse incroyable, en témoignent les échanges de voix masculines et féminines sur « Of the cloud », qui émeut instantanément et évoque les berceuses de Northern Picture Library. Ceci est une tentative. Une tentative désespérée de croire qu’au-delà des échecs et des lassitudes, il est possible de fabriquer un ersatz de monde meilleur, plus reposant et réjouissant.

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