12 août 2008

Smashing Orange : The Glass Bead Game


The Glass Bead Game des Smashing Orange

Sortie : 1992
Produit par Carl Plaster et Tim O'Heir
Label : Native American

Les Smashing Orange ont toujours fait preuve d’une propension à vouloir jouer plus vite et plus fort. Et cela s’entend sur leur premier album.
Instantanément, immédiatement, le son prend les devants et impose une puissance vertigineuse. Le groupe frappe, déploie des saturations imposantes et c’est presque avec peine que Rob Montejo se distingue par sa voix par-dessus ce tumulte. Une production sans faille est ici au service de chansons aux ambitions plus hautes. Peut-être éloigné des élans savoureux qui les faisaient traîner en langueur au cours de leurs premiers singles, le groupe souhaite faire court, mais faire fort. C’est donc un tonnerre de guitares qui s’abat aux oreilles pour notre plus grand plaisir.
Car les Smashing Orange savent marier comme personne grondement électrique et cohérence mélodique, que ce soit dans les riffs ou la partie rythmique (« Remember Kendra » ou le passage relâché de « All girls are mine »). Percutant, se refusant de faire des détours, les chansons cognent et assomment délicieusement (« Wired »). Le chant se fait volontiers plus mordant, prenant parfois à partie (les « come on ! » et autre « one, two, three, four ! » faisant leurs apparitions), et les guitares, dans un élan fédérateur, se crispent comme jamais. Volontiers plus simples, les titres de ce premier album bouillonnent d’impétuosité et de candeur, quittant les affres molassonnes de la rêvasserie pour camper fièrement du côté de ceux qui font du bruit. A l’instar du fier « Something comes down » qui nargue presque son monde. Si bien que les mélodies, souvent superbes (« Flower Kisses » et son clavier majestueux) prennent une autre dimension, plus rageuse et dominatrice, sous le coup de ces tremblements de guitares. C’est le cas surtout pour le magnifique « Indian Says », pour l’occasion plus lent que les autres, mais d’une profondeur onirique qui fait partir très loin. Un trip d’une beauté tentaculaire et diffuse. Quant à « Below and beyond », ce sont dix minutes de pure ascension saturée, suspendue au bon vouloir de l’état extatique de Rob Montejo, extraordinaire moment de déploiement écrasant, apothéose psychédélique qui ne finit jamais.
Pour le reste, « Look beyind you » ou bien le formidable « How did you feel », les titres mordant et dévastateurs ne manquent pas, regorgeant de coups de batterie vigoureux, de refrains sauvages et de saturations efficientes. Le désir est d’en mettre plein la vue. Et les Smashing Orange ne manque pas leur pari. Ça sonne et ça pulse de tous les côtés tout le long de cet album.
Un peu plus éloigné des passages paresseux des débuts, le groupe américain semble chaque fois un peu plus s’implanter dans une réalité qu’il entend bien conquérir à grand renfort de riffs dévastateurs et implacables.

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