25 juin 2008

The Boo Radleys : Ichabod and I


Ichabod and I de The Boo Radleys

Sortie : 1990
Auto-produit
Label : Action Records


Martin Carr le reconnaîtra lui-même : le son y est pourri !
Et il ne fait pas si bien dire, tant les préoccupations du groupe à l’époque ne s’éloignaient jamais du plaisir si simple de jouer si fort.
Boucan du diable, rythmique d’enfer, quasi punk (« Bodenheim Jr »), chant approximatif, grosses guitares saturées, nombreuses pédales d’effets, fuzz à gogo, distorsions, effet Flanger et j’en passe, jusqu’à obtenir des brûlots quasi défouloirs (« Sweet Salad Birth »).
On en prend plein les oreilles, ne seraient-ce pour cette fougue qui ne stoppe à aucun moment, mais surtout pour la piètre qualité sonore. C’est sale, joué à la va-vite, parfois fracassant (« Catweazle »), mais bon sang qu’est-ce que c’est prenant !
Si pour l’instant, rien ne distingue The Boo Radleys des fougueux branleurs que sont Dinosaur Jr, influence transparente, des tentatives se porteront sur des mélodies propres aux liverpuldiens. Le chant et les harmonies, à défaut d’être parfaitement maîtrisé, apporteront une douceur rafraîchissante à cette chape de saturations (« Happens to us all »).
Un joyeux foutoir, où tout est envoyé valser, au cours de morceaux crasseux. On y surprend pourtant déjà ce que le groupe souhaite faire par la suite : notamment avec « Kaleidoscope », dans une version démo qu’on dirait tout droit sorti d’enregistrement dans le garage ou un local étudiant.
Mais le manque de soin et de finesse de ce premier essai sera vite délaissé par ses propres auteurs, ce qui explique la rareté du vinyl ; il n’en sera tiré que 500 exemplaires. Dommage, car c’est négliger des titres tels que « Eleanor Everything », dont la formule brouillage confondant, jeu à cent-à-l’heure et guitare sèche est une petite merveille
.

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