26 avril 2008

Springhouse : Land Falls


Land Falls de Springhouse

Sortie : 1991
Produit par Mike Mc Mackin et Springhouse
Label : Caroline


On peut difficilement faire plus précieux que cet album.
Apprêté jusqu’au bout des ongles, Land Falls flirte avec le majestueux à la recherche de la chanson pop parfaite. D’un allant plutôt dynamique, ce premier essai force les choses : voix concerné par l’ambition, sonorité quelque peu merveilleuse sous une rythmique entre pop et cold-wave, guitares tranchantes. La luminosité y est parfois trop aveuglante (« For Nothing »), parfois plus discrète, ce qui rend certains titres intéressants (le sombre « Eskimo »). Mais dans l’ensemble le groupe sabote quelques fois ses ambitions de démesure esthétique. Si la beauté est bien représentée, l’intensité, elle, n’est pas toujours au rendez-vous. La faute à une absence de profondeur, Springhouse faisant preuve encore de légèreté (« Eyesore »), ce qui ne rend pas service à la poésie revendiquée. Une chose est sûre cependant : rares étaient ceux qui jouaient comme eux à l’époque, entre affront féerique et accalmie sublime.
On retiendra ici le son incroyable de la guitare, cinglante et cristalline, qui orne de son éclat tous les passages rêveurs. On obtient lorsque le groupe fait preuve de plus de retenue, de magnifiques chansons mélancoliques, comme le subtil « Alone » ou le somptueux « Again », dont la dramaturgie éblouit.
Cette pop survitaminée et omnipotente aime plonger la tête la première dans une déferlante de sons dream-pop, de guitares effrénées, de tempo dantesque, ou quand la flamboyance rencontre l'intellect. Ralentie, prenant le temps de s’épanouir, une composition comme « Landslide » aboutit alors par crescendo à un sommet d’élégance.

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