8 octobre 2007

The Telescopes : Everso EP


Everso EP de The Telescopes

Sortie : 1990
Produit par Richard Forby
Label : Creation

Difficile de faire plus hypnotique comme EP, à moins d’augmenter considérablement les doses de stupéfiants utilisés. L’ecstasy pouvant être considéré comme le sixième membre du groupe, il ne pouvait aboutir que des morceaux de la trempe de « Never Learnt To Love » ou « Everso », dont les « aah aah aah » sont symptomatiques de la neurasthénie qui commence à envelopper le style de The Telescopes. Les chants se font plus traînant, plus légers aussi. Et enchanteront l’auditeur qui se laissera totalement fondre. Emmené par les réminiscences sixties, il n’y aura plus qu’à rêver très fort. Les guitares caressantes, rêveuses parfois, beaucoup moins lourdes qu’autrefois, ainsi que les saturations en arrière fond, les quelques effets de cithares qu’on devine à peine, concourront à dessiner cette plage d’ouverture à l’évasion la plus folle, ouvrant les portes de la perception.
The Telescopes entame sa mue, première étape vers l’abstraction la plus totale, sorte de longue montée d’acide, dont on peut constater les dégâts tout au long de singles, tous plus cultes les uns que les autres, étalés en à peu moins d’un an.
C’est à partir de « Everso » que les choses s’amorcent. Il n’y aura plus de retour en arrière. Stephen Lawrie et les siens finiront par plonger irrémédiablement dans un marasme qui leur fera perdre leur moyen et leur objectivité.
Rempli d'évanescentes chansons cyniques à propos de la drogue ou de l’amour, cet EP est un fragile ajout équilibriste de slides rugueux, langoureux et d'arrangements discrets, répétés et entêtant. Les courtes chansons sont des plages (presque) tranquilles, lentes, hyper cool, où l'on se laisse enivrer par un relâchement, une détente hypnotique, voire cosmique. A force d'écoute (on n'écoute pas une telle musique n'importe quand et n'importe comment), on se laisse gagner par un charme indéniable.

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