18 mai 2007

Biographie de Catherine Wheel


Des rêves envolés...

Combien de groupes auraient aimé démarrer comme Catherine Wheel ? Leur début de carrière est pourtant caractéristique de ce qui se faisait en Angleterre à l’époque. Une époque où l’on donnait la chance à n’importe quel groupe, du moment qu’on retrouvait en eux suffisamment de talent et de culot. Et on retrouvait les deux chez Catherine Wheel, avec en plus, de la classe.
Rob Dickinson et Brian Futter au cours des années 80 étaient déjà présent au sein de groupes, répétant dans les garages et jouant dans les pubs, ou les scène étudiantes locales, à Great Yarmouth, en Angleterre. Rob jouait même de la batterie ! C’est au cours de ces shows, qu’il firent la connaissance de Neil Sims, batteur du groupe punk 1984 (dont une chanson figure dans la célèbre compilation : « Bullshit Director, vol 2, chez Crass Records).

Le courant passant très bien entre les deux hommes, ils choisissent de rester ensemble et d’écrire quelques chansons dans la chambre de Brian. Rob décide donc de
passer à la guitare. Et pour combler la place vacante à la batterie, c’est tout naturellement qu’ils pensent à Neil Sims, qui accepte volontiers. Il ne manque à ce stade, plus qu’un bassiste.
Pour ce faire, ils passent une annonce qu’ils déposent chez Andy Records, aux alentours de juin 1990. L’annonce est simple : il est demandé un bassiste, influencé aussi bien par les Stones Roses, que par My Bloody Valentine ou Ride.
Un type répond et appelle le numéro noté en bas, qui est celui de Rob. Ils décident de se rencontrer chez les parents de Brian, le samedi suivant. Le bassiste en question, Dave Hawes, écoute alors chez eux, une cassette où sont présentes les premières démos du groupe, dont les versions initiales de « Black Mettalic » ou « Upside Down ». Dave est enchanté et trouve le style du groupe intéressant. Ils répètent illico quelques chansons pour constater le son qu’ils peuvent dégager. Rob n’étant pas à l’aise au chant, il décide de s’y coller quand même, se rendant compte qu’il est le seul candidat crédible à ce poste. Pour ses débuts, il préfère souffler ses paroles, ce qui donne ce chant si caractéristique.

Peu de temps après, le groupe envoie une démo au Centre Artistique de Norwitch pour y jouer un concert là-bas. Leur candidature étant retenue, il leur faut choisir un nom dans l’urgence pour s’inscrire,
chose à laquelle il n’avait même pas pensé ! C’est Rob qui revient avec le nom de Catherine Wheel, loin d’être glamour, puisque même s’il s’en défend, il s’agit d’un instrument de torture utilisé au Moyen Age (aussi appelé « Breaking Wheel »). Dave expliquera qu’il fut choisit parce qu’il permettait de rompre avec la tendance des noms monosyllabiques (« Ride », « Moose », « Bleach », « Blur », « Pulp »).
Le 24 septembre 1990, Catherine Wheel joue son premier concert, partageant l’affiche avec quatre autres formations. Leur prestation enlevée et énergique, leur permet de taper dans l’œil du promoteur, également patron d’un micro-label, Wilde Club Records. Ce dernier leur propose de sortir un maxi. Le groupe rassemble alors toutes les chansons écrites avec Dave pour constituer le EP « She’s my friend », qui sort en janvier 1991. Cette première compilation obtient de bonnes critiques, dans toutes les revues spécialisées, sans pour autant réussir à dépasser ce cercle restreint. Mais pour eux, c’est déjà au-delà de toutes espérances.
Ils étaient loin de s’imaginer ce qui allait arriver par la suite.

Une nuit, alors que Neil faisait des heures sup’ à son boulot (il travaillait à l’époque dans une société de raffinerie pétrolière) et s’ennuyait devant son écran d’ordi, il tombe des nues en écoutant un morceau à la radio, pendant le John Peel’s show. Il ne pouvait
pas y croire : John Peel était en train de diffuser une de leur chanson ! A quelques kilomètres de là, dans sa chambre, Dave écoute lui aussi « Upside Down » passé sur Radio 1. Il était peut-être une heure du matin mais il n’en revenait pas, d’autant que John Peel, passait une face-b.
Mais ils ne furent pas les seuls à avoir entendu l’émission…

Un des auditeurs de l’émission de la BBC fut le plus célèbre des « non-musiciens », Brian Eno, qui appela aussitôt le manager du groupe pour exprimer toute son admiration. Brian Eno possédait à l’époque, une structure, Opal Recors, et proposait d’y faire signer le groupe. Mais comme le label demeurait trop petit pour les ambitions du groupe, Catherine Wheel déclina l’offre du « wonder bold ». Le boss du label Creation, Alan Mc Gee, voulut lui aussi que le groupe fasse partie de son écurie, mais les dépenses énormes engagées pour l’enregistrement du « Loveless » de My Bloody Valentine, l’empêcha de réaliser ce souhait. Si bien que Catherine Wheel se tourna alors vers une major qui leur tendait les bras, Fontana, qui venait juste de signer un accord commun avec Mercury.

Pour enregistrer leur premier album, les membres du groupe étant de grands fans de Talk Talk, ils décidèrent
de faire appel à leur producteur, Tim Friese-Greene. Mais, contrairement à ce qu’ils pensaient, ils n’eurent même pas à le convaincre. En effet, celui-ci avait lui aussi écouté les émissions de John Peel et il avait même acheté leurs singles sur Wilde Club Records, si bien qu’il accepta volontiers la proposition.
En studio, il réussit à capter la puissance du groupe, à clarifier le son des guitares, à renforcer la section rythmique, jusqu’à rendre épiques certains morceaux, comme « Black Metallic », étendu sur sept minutes. Il fut à ce point responsable du son de Catherine Wheel, que d’aucun considérèrent qu’il était le cinquième membre du groupe, comme il était le cinquième membre de Talk Talk. « Ferment » sort en 1992, et se classe aussitôt dans les charts indépendants, avec son ton sombre et classieux, s’abrogeant une base solide de fans en Angleterre, et leur permettant de tourner avec des groupes comme Slowdive, The God Machine ou The House of Love, et même les Smashing Pumpkins. Mais cela ne suffit pas au groupe.

Dès l’année suivante, ils s’adjoignent les services de Gil Norton pour produire leur deuxième album, « Chrome », plus lourd et plus vif, et leur single « Crank » leur permet de s’ouvrir aux Etats-Unies, au travers les radios indépendantes. Fort de ce succès, le groupe entame une tournée sur le nouveau continent, avec INXS notamment ou les Connels. De ce
tte expérience, le groupe en tirera une volonté de durcir leur musique et de se rapprocher de la power-pop qui se faisait à l’époque, suite au grunge de Nirvana.

En 1995, le groupe sort un single en duo avec Tanya Donnely, chanteuse du groupe Belly, « Judy staring at th sun », dont les textes font référence à l’addiction à l’héroïne d’une copine à eux, fille déjà mentionnée à plusieurs reprises, plus ou moins explicitement dans l’album « Ferment ».
Quelques temps plus tard, la même année, sort l’album qui divisa sans doute le plus de fans, « Happy Sads », volontairement lorgnant sur les Etats-Unies. D’un côté l’album se vendit plutôt bien là-bas, et le single « Waydown » avec son clip filmant un crash d’avion, réussit l’exploit d’être numéro 1 des charts, et d’être commenté dans l’émission parodique Beavis and Butthead, un honneur pour un dessin animé culte. D’un autre côté, il signa le divorce définitif avec une partie des fans du groupe, regrettant que celui-ci ait délaissé les arias propres au shoegaze. Certains iront même jusqu’à dire que Catherine Wheel avait abandonné l’Angleterre, faisant plus de concerts de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui fut vécu comme une trahison.

Pour se faire p
ardonner, Catherine Wheel sort une compilation de face-b, « Like dogs and cat », au titre qui résume bien les relations entre le groupe et ses fans, en mettant particulièrement l’accent sur le mixage, ce qui en fait presque un album, considéré par les fans, comme un des meilleurs du groupe. Peu de temps après sort en 1997, « Adam and Eve », au cours duquel Catherine Wheel revient à ses premiers amours et met plus en avant son côté atmosphérique. Mais les temps ont changé et le groupe fait déjà partie de la vieille garde. A l’heure où même la Brit-Pop est dépassé, l’album (parut sur Chrysalis Records) ne remporte aucun succès. De plus les relations avec Mercury ne sont pas au beau fixe, surtout depuis qu’ils ont été rachetés par Universal Music, et Catherine Wheel préfère mettre un terme au contrat.

Dans l’impasse, le groupe mettra quatre ans avant de paraître un nouvel album. « Wishville » débarquera avec un nouveau label (Columbia), un nouveau nom (le groupe ayant rajouté un « the » à leur nom), un nouveau bassiste (Brett Ellis). L’absence de Dave Hawes fut mal vécue par les fans. L’album d’ailleurs sortit dans l’indifférence générale. Dégoûté de ne pas avoir la récompense escomptée alors que tout était fait pour obtenir un album honorable, le groupe se sépare en 2000, peu après la tournée.
Depuis, les fans écoutent en boucle « Black Metallic », se demandant comment le groupe ait pu passer à côté de la reconnaissance.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonsoir Monsieur, encore une fois merci pour votre blog, je me permet de laisser un commentaire sur la bio de Catherine Wheel, j'aurai voulu avoir votre avis sur l'unique compilation de ce groupe phare, compilation parue à l'époque où vous le racontez si bien le groupe était tirailler entre deux continents. (Si vous avez eu l'occasion de l'écoutez).
Encore une fois merci pour votre blog et j'espère que les chroniques seront nombreuses pour le dernier moi de l'année.